Instance Présidentielle                                                                                                                                Alger le 04 Juillet 2019

Déclaration

Chers camarades, Chers amis
Salam Alaikoum , Azul Dhamokrane Felawen
Le Front des Forces Socialistes va aborder prochainement une étape importante et décisive de son existence politique et organisationnelle.
A la veille du 57ème anniversaire de sa fondation, notre formation politique a réussi l’exploit et a prolongé le miracle de survivre, de résister et de s’imposer comme avant garde et fer de lance du combat politique, pacifique et patriotique contre la dictature post- indépendance, pour le droit à l’autodétermination du peuple algérien et l’avènement de la 2ème République, qui consacrera l’Etat de droit, la démocratie et la liberté.
Chers camarades, Chers amis,
Notre cher parti existe, résiste et milite depuis plus d’un demi-siècle ! Ce n’est ni un mythe, ni une exagération. C’est une réalité politique.
Dans son message adressé aux congressistes du FFS à l’occasion du dernier congrès national ordinaire tenu en 2013, notre président éternel, feu Hocine Ait Ahmed avait dit « Si les cinquante ans de lutte du FFS pour la démocratie collent au plus près des cinquante ans de l’indépendance nationale, ce n’est pas par hasard. Le FFS est né dans le giron du mouvement de libération nationale, ses racines politiques et éthiques plongent dans un anticolonialisme de conviction et non de circonstance. Pour le FFS, patriotisme et démocratie sont inséparables, durant ces cinquante années de lutte, le FFS a d’abord dû lutter pour empêcher qu’on piétine la démocratie au nom du patriotisme pour ensuite se battre pour empêcher qu’on piétine le patriotisme au nom de la démocratie ».

Le FFS a été fondé le 29 Septembre 1963 par de valeureux militants, sincères et patriotes afin de réhabiliter le vrai sens de l’histoire de l’Algérie post indépendance et de se battre politiquement et pacifiquement contre une dictature militaire qui s’est imposée par la force et la violence au détriment des promesses de la révolution et en foulant aux pieds les aspirations légitimes d’un peuple qui venait de se libérer des griffes du joug colonial.
Des centaines de martyrs ont arrosé de leur sang le combat pour la démocratie conduit par le FFS au lendemain de l’indépendance. Depuis lors, durant des décennies, des générations de militants et de cadres du FFS se sont engagés au côté de la population sur le front d’une résistance permanente et rigoureuse contre l’injustice, l’illégitimité, les atteintes aux droits de l’homme, la spoliation des libertés politiques, la dilapidation et le bradage des richesses nationales, le délabrement économique et la confiscation et le reniement du patrimoine historique et identitaire du peuple Algérien.
Le Front des Forces Socialistes, guidé par la clairvoyance et la lucidité de son leader historique, le regretté Hocine Ait Ahmed, a toujours œuvré pour trouver les issues politiques les moins coûteuses pour le pays et pour son peuple. Surtout, dans un environnement international et régional extrêmement hostile et inquiétant, qui se nourrit de la dislocation des nations et de l’effritement des tissus sociaux et de la faiblesse des dirigeants ; car illégitimes et impopulaires.
L’héritage politique du FFS démontre, que nous sommes un parti de dialogue, de paix et de patriotisme avéré. Les militants du FFS doivent continuer à le rappeler et à le revendiquer haut et fort surtout en ces moments de troubles et de brouillage de vérités.
La formidable révolution populaire qui a jailli des ténèbres du statu quo généralisé, le 22 Février dernier, a mis en avant l’évidence d’une convergence politique parfaite entre les revendications légitimes populaires et les positions historiques du FFS. Ce n’est pas une surprise !
Les Algériennes et les Algériens se sont soulevés d’une manière pacifique, unitaire et responsable pour revendiquer le changement radical du régime despotique et illégitime et pour instaurer une vraie alternative démocratique dans le pays.

Naturellement, le FFS s’est engagé profondément et activement dans ce gigantesque sursaut populaire. Cela s’est traduit par la participation de ses responsables et de ses vaillants militants dans les marées humaines qui ont fait vaciller le système dans ses assises et annihilé les certitudes arrogantes et méprisantes du régime.
Notre parti n’a jamais cessé de dénoncer et de condamner les actions répétées de privation des libertés et les mesures de répression des tenants du pouvoir réel en Algérie, contre les manifestants pacifiques qui continuent à braver les interdits pour revendiquer leur droit légitime à l’autodétermination.
Notre parti a rejeté aussi les simulacres de dialogue initiés par un pouvoir illégitime, de surcroît non civil, qui revendique et assume son statut de décideur absolu dans le pays. Un statut d’ailleurs usurpé et spolié car n’émane d’aucun texte de loi et ne s’appuie sur aucune légitimité.
Contre la volonté populaire, contre les attentes réelles et légitimes de la révolution du 22 Février et contre toute éthique politique de dialogue, inclusif, sincère et sans préalables, les décideurs de ce pays s’affairent à exécuter leur propre feuille de route politique. D’apparence, elle s’articule sur l’impératif de se conformer à un ordre constitutionnel obsolète et dépassé, mais au fond, elle s’ingénie à perpétrer un autre coup de force électoral et à opérer une alternance clanique sur les vestiges de l’ancien régime.
Le FFS conscient de la gravité et de la complexité de la situation du pays mais surtout du rôle politique et historique qui lui incombe, a proposé une initiative politique de sortie de crise pour l’avènement de la 2ème République.
Cette offre politique qui s’est largement inspirée des anciennes initiatives politiques du parti, car toujours d’actualité, et des revendications populaires, a été suivie d’un Appel aux partis politiques de l’opposition, aux organisations sociales et aux personnalités nationales autonomes, pour se réunir dans une conférence nationale de concertation et de dialogue.
Cet Appel a eu un large écho et a conduit à une première rencontre de ces acteurs politiques et sociaux, qui a permis la constitution d’un groupement des « forces démocratiques pour l’alternative démocratique ». Ce fut un grand succès non seulement à cause de son caractère inédit et révolutionnaire mais surtout pour avoir réussi à réduire les clivages paralysants entre les partis

politiques, dans l’intérêt suprême de la nation, et à établir un pacte politique historique pour une véritable transition politique dans le pays.
Le FFS continue à œuvrer sans relâche et sans répit, avec les autres forces du changement pour la réussite de cette démarche politique. C’est une chance réelle pour le pays.
Par ailleurs, aucun dialogue n’est possible sans la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus politiques et d’ opinions et en l’absence de volonté politique d’aller vers une véritable transition démocratique qui réunit les moyens politiques pour l’expression du droit à l’autodétermination du peuple Algérien.
Le FFS condamne particulièrement l’arrestation du commandant de la Wilaya-IV- historique Lakhdar BOUREGAA artisan de la libération du pays et membre fondateur du parti à la veille du 57ème anniversaire de l’indépendance.
Le FFS appelle les Algériennes et les Algériens à maintenir le caractère pacifique et unitaire du mouvement révolutionnaire.
Chers camarades, Chers amis
Sur le plan interne, depuis notre 5ème Congrès, le FFS s’est attelé à élargir son ancrage populaire, d’abord par la consolidation de son implantation historique dans son bastion au centre du pays, puis en établissant des extensions stratégiques à travers tout le territoire national. Ce travail organo- politique qui a été accompli dans le sillage de la participation tactique aux législatives, a réalisé des avancées notables.
Aujourd’hui, il s’agira pour nous tous de gravir d’autre échelons et de réaliser un niveau supérieur d’organisation. Le FFS a démontré son envergure nationale et, du fait de la justesse et à la régularité de ses positions politiques, de plus en plus d’Algériennes et d’Algériens lui témoignent une grande estime.
Le FFS continue à subir des actions de représailles du pouvoir liberticide et de ses relais. Les crises internes fomentées par ses officines pour neutraliser le parti, l’occupation téléguidée de son siège national pour paralyser ses activités et ces campagnes médiatiques incessantes et haineuses du pouvoir, ne sont

que les prémisses d’autres manœuvres de déstabilisation pour détruire cet ultime rempart longtemps dressé contre l’ordre établi. Mais rien ne nous fera renoncer à notre autonomie de décision et à notre combat pour la démocratie et l’Etat de droit.
C’est dans cette optique et dans l’espoir de renforcer notre parti et l’immuniser davantage contre ces menées répressives, que la direction nationale du FFS œuvre pour le regroupement de la grande famille du FFS.
Beaucoup d’anciens cadres et militants du FFS en rupture organique avec nos structures depuis des années pour diverses raisons, ont exprimé le souhait de reprendre leurs activités. C’est une bonne nouvelle pour le FFS et pour le pays.

C’est dans ce contexte que l’Instance Présidentielle du FFS décide, conformément aux textes, statuts et règlements intérieur du parti, de convoquer le 6ème Congrès National Ordinaire du FFS dont la date sera officialisée lors du prochain conseil national qui se tiendra le 12 juillet prochain, un vendredi, pour être en symbiose avec la révolution populaire.
Ce Congrès se doit d’être un événement politique national de grande envergure et à la mesure des bouleversements politiques qui s’opèrent actuellement dans le monde, dans la région et dans le pays à la faveur de la formidable révolution populaire qui est en train de marquer à jamais l’histoire de notre pays.
Ce Congrès aura également une portée régionale et internationale compte tenu du nombre et de la qualité des invités étrangers attendus. Un évènement qui consacrera la dimension maghrébine et internationale du FFS et révélera les nombreux soutiens internes et externes de ses sympathisants.
Ce rendez-vous tant attendu, aura la mission patriotique de proposer au peuple algérien un projet politique fondateur et alternatif. Ce projet aura surtout comme vision de traduire fidèlement, les aspirations populaires sur le plan politique, économique, social, environnemental et culturel, en préservant l’identité et la souveraineté nationale.

Dans cette perspective tout sera fait pour que les différentes étapes de la préparation de cet évènement se déroulent de façon inclusive et démocratique avec le souci de rassembler la grande famille du FFS.
A cet effet les instances nationales du parti, travailleront sans relâche afin de réunir toutes les conditions, politiques, organiques, logistiques et administratives pour faire de ce congrès, un événement national à la hauteur du legs politique du défunt Hocine Ait Ahmed, des sacrifices des martyrs du FFS et de plusieurs générations de vaillants militants ainsi qu’à la hauteur des attentes populaires.
Vive l’Algérie libre et démocratique,
Vive le FFS,
Gloire aux valeureux martyrs
P/L’Instance Présidentielle
Le coordinateur
Ali LASKRI