Nous célébrons aujourd’hui le 57ème anniversaire de la proclamation de notre parti sous le mot d’ordre de fidélité à nos principes fondateurs et notre attachement indéfectible à nos valeurs.

En ce jour de commémoration, nous rendons hommage à nos ainés de 1963. C’est pour honorer leur sens du devoir et du sacrifice pour la Patrie, et pour leur réitérer notre reconnaissance et notre fidélité éternelle que nous sommes réunis aujourd’hui. Beaucoup ont payé de leur vie leur engagement. Nous ne cesserons de nous battre pour que justice et honneur leur soit rendus, et que leur soit reconnu le statut de martyrs de la Liberté et de la Démocratie.

Cette fidélité se traduit dans nos positions et dans nos actions de tous les jours.  

Contrairement à ce que véhiculent certains esprits mal intentionnés, il n’y a aucune différence entre le FFS que nous avons hérité de Hocine Ait Ahmed et le FFS d’aujourd’hui. Le cap est toujours le même : le changement du système et l’instauration d’une république démocratique et sociale tel qu’elle est énoncée dans la proclamation de novembre et préfigurée par les résolutions de la Soummam.

Combien de fois, le FFS a été accusé de trahison, de soumission et de compromission ? Combien de fois ses militants ont été calomniés, attaqués, diffamés, menacés, emprisonnés, arrêtés ?  Combien de fois ont-ils tenté d’instrumentaliser la faiblesse des hommes pour affaiblir le parti ? combien de fois ont-ils annoncé la mort du FFS ?  Pourtant, nous sommes toujours là ! du bon côté de l’histoire, et nous le demeurerons.

Nous sommes toujours là, Militants fidèles à l’Idéal des Pères Fondateurs de l’Algérie et au combat de notre Président, feu Hocine Aït Ahmed. Nous sommes toujours là à poursuivre la lutte, auprès des Algériennes et des Algériens, pour l’émergence d’une alternative démocratique dans notre pays.

Nous sommes toujours là, tel un temple de la résistance, qui se bat pour la liberté, la démocratie et la justice sociale.

Nous sommes et serons toujours là pour dénoncer les abus du pouvoir et la répression. Nous sommes et serons toujours là pour défendre les droits de l’Homme, les libertés individuelles et collectives, l’égalité, les droits des travailleurs.

Nous sommes aussi, comme nous étions hier, un parti jaloux de l’avenir et du devenir de l’Etat national.  Il ne s’agit pas là d’un détail, mais du socle sur lequel le FFS est bâti. Un parti nationaliste et patriotique prêt à se dresser en rempart contre toutes les velléités pouvant porter atteinte à notre pays et à nos concitoyens, contre toutes les manœuvres visant remettre en cause la souveraineté, l’unité nationale et la cohésion sociale.

Nous sommes toujours là, un parti responsable qui garde, quelques soit les situations, quelques soient les pressions, et quelques soient les manipulations, sa lucidité, son esprit de discernement et, au-delà de tout, son autonomie de décision et d’action.  Nul n’est en mesure de nous dévier de ce cap.

Chers amis, chers camarades ;

L’actualité la plus immédiate fait coïncider cette célébration avec la feuille de route engagée par le pouvoir dans le cadre de la révision de la constitution.

Il faut rappeler, dans ce contexte, que la création du FFS est venue suite et comme réponse au premier coup de force constitutionnel et à la confiscation de la souveraineté populaire.  C’est pour s’opposer à cette violence politique, ainsi qu’à la dépossession du peuple de son droit imprescriptible à l’autodétermination individuelle et collective, que Hocine Ait Ahmed et ses compagnons ont proposé une initiative politique majeure en créant le Front des Forces Socialistes dès septembre 1963.

57 ans après, le pouvoir garde les mêmes reflexes, et poursuit dans sa gestion autoritaire et unilatérale des affaires du pays. Ces politiques qui ont conduits à une ruine programmée de tout le pays ne semblent pas lui servir de leçons.

La position du FFS, arrêtée par son Conseil national ne souffre d’aucune ambigüité.

Le FFS ne cautionnera pas le scrutin du 1er novembre qui constitue une énième violence constitutionnelle et un coup de force de trop contre la volonté populaire.

La logique de passages en force et l’absence d’une réelle volonté politique à opérer les changements nécessaires pour instaurer un véritable changement dans le pays risque de prolonger et d’aggraver la crise, élargir le fossé qui sépare le pouvoir du peuple, et de provoquer des fractures mettant en danger la cohésion nationale. Persister dans cette démarche c’est parier sur l’échec.

Devant cette situation quel cap pour le pays ?

Nous demeurons attachés et convaincus que seul un processus politique constituant et la reconstruction d’un consensus national fondateur et fondamental, dans le cadre d’une démarche de dialogue sincère, inclusif, sans préalables ni préjugés, est en mesure d’offrir au pays la chance de sortir grandi de la crise et de susciter l’adhésion et la participation de la population.

Il est temps de restituer l’Etat à la nation. Cela implique la restitution au peuple sa souveraineté pleine et entière à travers l’exercice de son droit à l’autodétermination individuelle et collective.

En un mot il : il est temps de redonner la parole au peuple.

C’est uniquement à travers cette démarche qu’on trouvera les moyens nécessaires de répondre aux  aspirations légitimes de millions d’Algériennes et d’Algériens, qui depuis plus d’une année expriment pacifiquement et avec détermination leur désir de se réapproprier leurs droits à disposer librement et démocratiquement de leur avenir, d’assurer l’avènement de la Deuxième République et le passage d’un système autoritaire fermé à un système démocratique ouvert, garant des libertés individuelles et collectives et du respect des droits de l’homme.

Chers amis, chers camarades,

Le changement est inéluctable dans notre pays. Le changement est une œuvre collective qui se construit. Il ne se scande pas et il ne se décrète pas.

Il doit se construire loin de la division, des polémiques stériles et des basses confrontations idéologiques, claniques ou régionalistes. Un changement pacifique et radical à l’opposé des fausses solutions et des simulacres de dialogues prédominants jusqu’là.  Le changement auquel aspire nos concitoyens doit se construire autour de nos espoirs et de nos valeurs communes de paix, de stabilité, d’unité, de solidarité et de vivre ensemble. 

C’est le moment de mettre, au-delà de toute considération, les intérêts de notre Nation et de notre peuple. Il faut impérativement œuvrer collectivement au changement, à rétablir la confiance entre le peuple et ses institutions, à encourager la culture du dialogue, du compromis et à redonner ses chances à la politique.

Ignorer ce processus c’est refuser au peuple algérien et sa révolution pacifique le libre exercice de son droit à l’autodétermination. C’est aller à contre courant de l’histoire universelle d’émancipation des peuples.

Enfin, nous adressons à toutes les militantes et à tous les militants un message d’espoir.

Unissons-nous et construisons le FFS autour de nos valeurs communes, de solidarité, de camaraderie et d’unité.

La crise est derrière nous et l’avenir et devant nous. Saisissons cette opportunité pour construire un parti fort et moderne en mesure de répondre aux aspirations légitimes de notre peuple.

Vive l’Algérie Libre et Démocratique

Vive le FFS

Gloire à nos martyrs

Youcef Aouchiche
Premier secrétaire National

Tizi-Ouzou le 29/09/2020