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Les Algériens et les Algériennes touchés dans leur dignité et leur sensibilité (avril 1980)

Après les grandes manifestations de Kabylie, des Algériens et des Algériennes, touchés dans leur dignité et leur sensibilité, sont descendus dans les rues d’Alger pour revendiquer le respect et le promotion de la langue berbère.

Les autorités ont répondu par le matraquage et la répression, des centaines de jeunes ont été arrêtés et jetés dans les cars de police, dans le plus pur style colonial.

Il s’agit là, d’une politique antinationale et antidémocratique; elle est d’autant plus discriminatoire que les manifestations organisées par les arabisants intégristes avaient bénéficié auparavant de toute la mansuétude du pouvoir.

Comment peut-on se réclamer du socialisme, parler de retour aux sources et de démocratisation de la culture quand on nie l’existence d’une culture nationale dont au surplus les patriotes ne peuvent nier la contribution à la lutte de libération.

Cette négation de caractère fasciste et réactionnaire s’inscrit dans la ligne directe d’une charte octroyée qui préfère ignorer en bloc le problème de l’intégration nationale afin de deviser le peuple algérien et de la couper de ses traditions de lutte démocratique et révolutionnaire.

La répression culturelle constitue une atteinte aux droits de l’homme et aux droits du peuple algérien à l’autodétermination en tant que processus permanent de démocratisation politique, économique et culturelle.

Il est du devoir de tous les algériens et algériennes arabisants, berbèrisants, soucieux de l’unité de leur pays, où qu’ils trouvent à l’intérieur ou en dehors du ( système ) de s’opposer à l’engrenage de la violence et aux partisans de la politique du pire, en redoublant de vigilance et de combattre pour la démocratie en Algérie.

Hocine Aît-Ahmed