Chers amis, chers camarades,

Azul fellawen, salam alikoum

Je ne peux commencer mon intervention sans dénoncer l’arrestation arbitraire dont a fait objet le camarade Litim El Hachemi, militant du FFS et responsable à la fédération de Laghouat, poursuivi pour son activisme associatif et syndical. Le FFS exige la libération immédiate du militant des droits de l’Homme et prend à témoin l’opinion nationale et internationale devant toute atteinte à son intégrité physique ou morale.

Notre rencontre aujourd’hui doit servir de cadre de débat pour un renouvellement effectif de nos idées et de nos actions. Dans le même contexte, nous souhaitons que cette rencontre de nos élus soit une occasion idoine pour imposer une vision critique et constructive afin d’engager une perspective nouvelle, objective, rendue nécessaire par la situation actuelle de notre parti, ses objectifs stratégiques d’avenir et la conjoncture politique plus contraignante que jamais au double plan national et international.

Notre rencontre d’aujourd’hui est une opportunité importante à saisir pour participer activement au large débat qui se déroule actuellement dans le parti, votre parti, le FFS.

Ce débat est rendu nécessaire par les défis que nous devons tous relever à l’effet de construire une alternative crédible en faveur d’un changement du système.

Pour nous au FFS, il n’y a pas de développement local durable sans une gestion citoyenne et participative. Pour nous au FFS, gérer librement, c’est gérer autrement.

Gérer librement, c’est décentraliser les responsabilités et les moyens.

Gérer autrement, c’est trouver des manières et des formes nouvelles pour améliorer les conditions de vie des citoyens. Le prix du village le plus propre, initié par feu Rabah Aissat et qui porte son nom désormais, en est l’exemple vivant. Cette initiative est appelée à être généralisée au niveau de toutes les collectivités locales.

L’essence même de notre participation aux élections, est comme le disait notre président feu Hocine Ait Ahmed : « Nous croyons que les forces du peuple sont plus fortes que les puissances d’argent ; nous participons pour déraciner les relais locaux du système et leurs serviteurs qui pervertissent l’action politique, et participent activement à la dépolitisation et à la déstructuration de la société ».

Chers camarades, chers amis

Que faire, que doit faire le FFS, que doit faire l’élu du FFS face à un système autoritaire, rentier, centralisé, bureaucratique et de non droit ?

Le FFS doit guider une alternative politique, nos élus (es) doivent mettre en place une alternative de gestion locale, car la relation entre gouvernants et gouvernés ne peut réellement s’inscrire dans une perspective démocratique qu’en mobilisant l’ensemble des énergies de la société.

Chers camarades, chers élus

L’élu a plusieurs missions à mener, être à l’écoute des citoyens et les accompagner du mieux qu’il peut.

Défendre leurs revendications légitimes et servir de porte-parole dans les institutions élues.

Faire participer le citoyen dans les décisions relatives au développement local.

Instaurer la culture du dialogue et de la concertation.

Construire des passerelles avec la société civile

Travailler pour élargir la base du parti à une plus grande échelle.

Toutefois, nous savons pertinemment que nos élus font face à un matraquage administratif et bureaucratique farouche, le code communal et le code de wilaya vous ont dépouillés de toutes vos prérogatives, nous réitérons la revendication du FFS d’abroger ces lois scélérates. Nous réitérons également notre revendication de la décentralisation des collectivités territoriales toute en assurant leur autonomie administrative et financière et réhabiliter les assemblées élus dans leurs missions fondamentales et leurs prérogatives.

Le régime algérien ne se limite pas à déposséder les élus de leurs prérogatives, lui qui depuis l’indépendance à ce jour, a dépossédé une population du droit légitime à s’organiser autours de ses propres conditions de vie et de travail, et conduit à la catastrophe.

Le harcèlement judiciaire que subissent nos élus à l’échelle national doit cesser, le régime doit comprendre que ces agissements loin de nous faire fléchir, ne feront que renforcer notre engagement pour un état de droit et des institutions.

Le pouvoir veut faire croire aux algériens et aux algériennes qu’il maitrise la situation, qu’il gère le pays, alors qu’il est incapable de tenir une élection partielle dans une commune du pays. Nous réitérons encore une fois notre revendication que soit organisée en urgence, une élection dans la commune de Boudjellil, dans la wilaya de Bejaia, pour permettre à la population d’élire démocratiquement ses représentants.

Nous appelons que soient débloquées les APC gelées, et que les représentants démocratiquement élus par le peuple puissent assumer leur mandat populaire.

Chers camarades, chers amis

Cette conférence se tient alors que le pays traverse une crise multidimensionnelle aigue, causée par un pouvoir sans vision ni stratégie claire et efficiente. C’est une crise politique, économique, sociale, culturelle, environnementale, et aussi une crise d’éthique. En somme, c’est une crise du système.

Sur le plan politique, force est de constater que le régime fait tout pour empêcher toute initiative du changement, en instaurant un statu quo aux conséquences dangereuses pour le pays et pour l’avenir des algériens et des algériennes.

L’impasse politique, la déliquescence de toutes les institutions, l’interférence des pouvoirs, et les scandales au sommet de l’état ont pour conséquences d’accentuer le danger sur la stabilité du pays, la cohésion sociale et l’unité nationale.

Sur le plan économique, le pouvoir est en panne de perspectives de développement. Il n’arrive pas à diversifier l’économie en l’ancrant au plan régional et mondial, afin de créer des emplois en nombre suffisant et des infrastructures sociales en rapport avec les besoins croissants.

Sur le plan social, la situation est délétère, l’inflation est en hausse, la pauvreté, le chômage et la délinquance touchent des pans entiers de la société.

Les classes moyennes n’existent plus, leur pouvoir d’achat n’étant pas suffisant pour conserver leur niveau de vie. Subissant un déclassement social, ceux qui n’ont pas quitté le pays ont rejoint la masse des exclus de la société.

Ils sont de plus en plus nombreux, le plus souvent isolés : les chômeurs, soit un algérien sur trois et un jeune sur deux, les catégories sans ressources suffisantes : les handicapés, les personnes âgées, les familles monoparentales, les sans domicile fixe, les mal-logés. Tous des citoyens insuffisamment protégés contre le coût de la vie, le mal logement et la maladie.

Des droits fondamentaux tels que le logement, les soins basiques, l’accès au travail et à la formation sont bafoués. Nos élus se trouvent souvent entre le marteau de la demande grandissante des soins et l’enclume des quotas minimes octroyés.

Bien sûr, le FFS ne peut, ne doit en aucun cas rester à la marge de ce qui se passe dans le pays. Mais nous refusons de prendre part à des campagnes de diversion, des campagnes de désinformation multipliées à l’approche de chaque échéance du régime.

Nous sommes des militants, nous luttons au quotidien pour le changement. Le changement que nous prônons, c’est le changement de système et non pas un changement dans le système.

Le changement de système- qui est au cœur de notre projet de reconstruction d’un consensus national avec l’élection d’une Assemblée Constituante, visant à instaurer un nouveau système basé sur le droit et la démocratie.

Nous sommes conscients des défis qui vous guettent au quotidien. Votre mission n’est pas aisée, le militant du FFS est un résistant à la dictature.

Chers camarades, chers élus

Le parti reste sensible et reconnaissant au travail accompli par nos élus locaux et nos parlementaires.

Les premiers par leur dévouement à satisfaire les services sociaux de base des citoyens en gérant différemment face à la centralisation asphyxiante de l’administration.

Les deuxièmes par leurs interventions et leur vote contre les lois antisociales et anti nationales telles que les lois de finances, la loi sanitaire et la loi sur l’académie amazighe, et autres…

Dans ce contexte, nous sommes convaincus que notre conférence nationale des élus sera une conférence d’auto-évaluation visant à apprécier les résultats accomplis et tirer des leçons de nos insuffisances afin d’améliorer l’exercice de la fonction de l’élu et sa gestion des affaires locales.

Par ailleurs, répertorier les contraintes majeures enregistrées par nos élus, entravant le bon fonctionnement des services à la population, dénoncer l’insuffisance et les retards de mise à la disposition des crédits alloués aux collectivités locales et à nos APW, dénoncer les obstacles dressés par l’administration centrale face à nos élus, dénoncer le code communal et le code de wilaya qui constituent des obstacles à la gestion.

Chers camarades, chers amis

Cette conférence se tient sous le slogan « pour une gestion citoyenne et participative », car nous avons la foi en la démocratie participative et la gestion transparente, équitable et solidaire avec l’esprit de rendre des comptes, sont des fondements inaliénables de la construction d’un état démocratique avec ses institutions et l’adhésion de sa population.

Dans ce contexte, nous sommes certains que la conférence nationale des élus est une étape pour nous évaluer et tirer les leçons et cerner les manquements en vue d’améliorer le rendement de nos élus dans la gestion locale.

C’est une occasion également pour cerner les difficultés que rencontrent nos élus, qui construisent des obstacles pour la bonne gestion des services, et pour dénoncer le retard flagrant dans la répartition des ressources allouées aux assemblées populaires communales et de wilaya, et pour dénoncer également les freins que met l’administration centrale face aux élus, et dénoncer les codes communal et de wilaya qui bloquent la machine du développement local.

Nous vous invitons chers camarades à réfléchir aux meilleurs voies et moyens qui nous permettront d’asseoir les bases de la démocratie locale, et de crier haut et fort qu’il existe d’autres façons de gérer le pays. Avec le FFS, il existe une façon démocratique de gérer le pays

Bonne réussite dans vos travaux

Je vous remercie

Vive l’Algérie Libre et démocratique

Vive le FFS

Gloire à nos martyrs