Je souhaite que notre expression d’aujourd’hui, comme c’était le cas depuis la création de notre parti, vous parvienne dénuée de toute connotation populiste, démagogique ou de langue de bois, qui font ravage au sein de notre société. Plus que jamais le maintien de notre tradition de langage direct, responsable et lucide est indispensable pour retisser et renforcer les liens de confiance avec nos concitoyens, notamment dans la conjoncture actuelle que vit notre pays.

Sans surprise, et comme nous l’avons prédit, le peuple Algérien, dans son écrasante majorité, a tourné le dos au projet de la révision de la constitution élaboré et proposé d’une façon unilatérale par le pouvoir dans le seul objectif de se renouveler et de se maintenir.

Les résultants du referendum, traduisent sans ambigüité le rejet de tout un système et le refus de tout le processus politique et institutionnel entrepris par le pouvoir depuis le 22 février et expriment clairement une aspiration populaire profonde et inébranlable pour le changement et l’instauration d’un Etat de droit démocratique et social, au cœur de notre projet politique depuis la création de notre parti en 1963.

Le verdict populaire est sans appel et nous renvoie à une seule et unique interprétation: rejet du système et refus catégorique de cautionner le pouvoir et sa démarche unilatérale, autoritaire et liberticide dans la gestion des affaires du pays. Toute autre justification de cette abstention massive ne sera que forfaiture et fuite en avant.

La problématique centrale réside dans la nature du système politique qui refuse aux Algériennes et aux Algériens leur droit inaliénable à l’autodétermination individuelle et collective. C’est une crise politique de fond qui nécessite une solution politique et non pas des réaménagements juridique et institutionnelle en vue de la restauration de l’ordre autoritaire.

Combiens de constitutions se sont succédés sur le pays ? Combiens de chefs d’Etat, de responsables qui se sont succédés à la tête du pays sans pour autant assister au règne de l’ordre constitutionnel dans notre pays. Le pays n’a connu ni l’état de droit, ni la prééminence de la loi, ni la séparation des pouvoirs, ni le respect des droits de l’Homme et des liberté, ni l’égalité devant la loi, ni l’indépendance de la justice… etc.

Le déni de cette réalité, en continuant comme si de rien n’était à gouverner les pays par la force, en usant et abusant de la répression, et de toutes les formes d’assujettissement des citoyens ne fera qu’aggraver la crise et conduira inéluctablement au pourrissement.

Ajoutant à cela, les risques engendrées d’une situation économique et sociale préoccupante et la dégradation des conditions de vie de la population ainsi que l’extrême vulnérabilité de notre économie, impacté profondément par les répercussions de la récession générée par la pandémie du covid19. Aujourd’hui, tous les indicateurs sont au rouge : déficit budgétaire important, dette publique importante, dévaluation continue de la monnaie nationale, tissu industriel et entreprises en difficulté, chômage galopant, précarité sociale qui gagne du terrain…etc.

Devant ce constat indéniable, la raison exige l’ouverture sans tarder d’une dynamique politique, pour transformer la révolution du 22 février 2019 en projet politique pour la construction d’un processus politique qui préserve l’unité nationale, l’intégrité territoriale, et consacre la souveraineté populaire et nationale.

Le régime doit reconnaître son échec, sans chercher des faux fuyants ou des excuses, et tirer les leçons de ce scrutin pour entamer un processus politique serein, qui doit aboutir au changement du système et la restauration au peuple son droit à disposer librement et démocratiquement de son avenir.

Aujourd’hui plus que jamais, l’Algérie a besoin d’une solution politique démocratique et consensuelle qui débouchera sur un pacte politique national regroupant l’ensemble des forces vives de la nation et qui mettra les bases d’un Etat-National auquel adhère l’ensemble des Algériennes et des Algériens.

Le FFS, sans être dogmatique, continue à militer en faveur d’un processus constituant dont l’axe central doit viser la reconstruction d’un projet politique qui préserve l’unité nationale, l’intégrité territoriale, le caractère républicain de l’état, l’état de droit, la séparation des pouvoirs qui consacre l’exercice de contre-pouvoirs, la souveraineté populaire et nationale, les libertés publiques.

Mais pour que tout ceci ne soit pas que des mots enfermés dans des pages mais la force de la loi opposable à tous, il faut au préalable enclencher un véritable processus politique, avec ses étapes, ses évaluations et les garanties qui l’accompagnent

Le FFS exprime sa disponibilité à s’engager aux côtés des forces nationales et patriotiques pour une issue politique qui réhabilite l’Etat National et consacre la démocratie politique, économique et sociale.

Le FFS met en garde contre les tentatives et autres manœuvres destinées à fabriquer de nouvelles fausses solutions dans le seul but de gagner du temps. Une telle attitude ne fera que saper la cohésion nationale et hypothéquer définitivement l’avenir du pays.

L’heure est venue de choisir entre l’Algérie et un Système qui représente une menace réelle sur la pérennité de l’Etat-national et entre la Réconciliation historique ou l’implosion du pays. Il est grand temps de tourner la page des coups de force.

Seul un processus politique et un véritable dialogue inclusif avec l’ensemble des forces et personnalités politiques, dans un climat apaisé, d’ouverture politique et médiatique, permettra au pays de sortir de cette impasse historique.

Le FFS est plus que jamais déterminé à poursuivre son combat pour la réalisation de cet objectif en œuvrant à construire un rapport de force favorable au changement.

Ça sera d’ailleurs l’un des axes fondamentaux que nous allons aborder lors de la CONVENTION POLITIQUE NATIONALE que nous ambitionnons d’organiser, si les conditions le permettent, durant le mois de décembre prochain.

La convention politique nationale est une échéance politique majeure dans la vie de notre parti et de notre pays.

Elle permettra d’’instaurer un débat démocratique pour élaborer un projet politique pour le pays.

Ce débat concernera l’ensemble des militants et sympathisants ainsi que les personnalités politiques, les intellectuels et plus largement les citoyens qui souhaitent contribuer à nos travaux.

L’objectif est de rassembler tous ceux qui souhaitent un changement pacifique, démocratique et ordonné.

Quelles perspectives organiques pour le FFS?

Les mêmes, tracées par nos aînés à leur tête Feu, Hocine Ait-Ahmed: Ouverture et Rassemblement. Par la suite, réunir les conditions nécessaires pour l’organisation d’un 6ème Congrès politique et unificateur.

J’appelle de cette tribune les militantes et les militants à serrer les rangs encore et toujours pour honorer et être à la hauteur de cet héritage politique et éthique inestimable. Le FFS s’est construit une tradition de libres débats et de respect des règles du jeu. Il doit respecter et faire respecter sa différence qui est d’éviter les pratiques que nous ne cessons de condamner chez les formations qui ont vendu leur âme aux maîtres de l’heure.

J’espère que ce message parviendra à tous ceux et toutes celles à l’intérieur comme à l’extérieur des structures, qui sauront se mobiliser et se rassembler dans la fraternité et la rigueur pour qu’enfin l’Algérie jouisse de son droit à la libre disposition.

Merci pour votre attention.

POUR UNE ALGÉRIE UNIE FORTE DÉMOCRATIQUE ET SOLIDAIRE !

L’ALGERIE EST NÉE DE LA VOLONTÉ POPULAIRE,

ELLE RÉSISTERA ET GAGNERA PAR LA VOLONTÉ POPULAIRE.

Alger , le 06 novembre 2020