La participation citoyenne au développement local durable

Introduction politique

Le FFS œuvre à construire un consensus national seul à même de changer le système pacifiquement pour donner lieu à un Etat de droit, à des institutions démocratiques et à un développement durable bénéficiant à tous les algériens..

Cette démarche à moyen et long terme ne s’inscrit pas dans l’agenda électoral du régime.. Avec le temps l’œuvre pédagogique que nous poursuivrons vise à libérer la conscience politique de nos concitoyens aliénée par la propagande du régime, distraite par les jeux et autres distractions futiles, anesthésiée par les démonstrations de force dans la vie quotidienne, asservie et dépendante de l’administration pour ses besoins sociaux de base.

Dans ce processus, nous voulons faire la démonstration que le pouvoir légitime appartient aux citoyens et qu’ils en ont été dépossédés depuis l’indépendance car le régime les a spoliés de leur droit à l’autodétermination et qu’à ce jour il ne leur a pas été restitué puisque l’ensemble des scrutins qui ont lieu ont été entachés de fraude. Pire, les différentes constitutions qui devaient émaner du peuple ont été rédigées par l’administration et imposées au peuple.

Nous sommes dans l’opposition et nous le resterons jusqu’à la victoire de nos idées qui sont l’expression de la volonté de nos concitoyens. Notre organisation parce qu’elle est autonome est la mieux à même de véhiculer et de faire valoir les demandes sociales et de représenter l’intérêt général.

C’est dans ce contexte que je voudrais présenter notre conception du développement par les citoyens et pour les citoyens,

Cette conception repose sur une approche territoriale du développement durable, conçu de bas en haut, et basée sur une participation citoyenne.

Approche territoriale du développement durable

Cette démarche s’inscrit dans le changement intégral du système de gouvernance avec un transfert du pouvoir central aux collectivités territoriales, devant se traduire par un transfert des ressources au niveau local et une gestion autonome de ces ressources avec un contrôle a posteriori. Ceci implique une décentralisation effective à la fois administrative et financière donnant une large autonomie aux autorités locales tout en associant les populations à l’affectation des ressources et au choix des projets. Une réforme fiscale s’imposera pour doter les collectivités locales d’une autonomie financière.

 

En vérité, pour parvenir à ce stade il faudrait refonder l’Etat sur de nouvelles bases. A commencer par une nouvelle Constitution qui doit être élaborée et adoptée par les citoyens, à travers une Assemblée Constituante, pour consacrer l’Etat de droit et la démocratie et qui devra inscrire dans son préambule la décentralisation et la subsidiarité permettant de guider l’édification des nouvelles institutions. Car, il faut bien se rendre à l’évidence, l’habillage démocratique actuel du système politique ne peut faire illusion durablement.

Cela étant, cette approche territoriale du développement s’appuie sur un raisonnement simple. Dans un pays aussi vaste que l’Algérie, il est inconcevable de décider à partir de la capitale le développement d’un territoire de 2,38 Millions de Km2 comportant des territoires, différents  sur le plan du relief, du climat, et des potentialité, plus ou moins mis en valeur, et des populations plus ou moins urbanisées.

Cette approche implique le transfert du pouvoir économique, social, culturel et environnemental des fonctionnaires des différentes Administrations Centrales, qui monopolisent les décisions et les ressources, vers les citoyens et leurs représentants au niveau local.

Cette approche se fonde sur un certain nombre de facteurs : le développement de bas en haut, la participation des citoyens, la décentralisation, l’autonomie locale, le principe de subsidiarité.

C’est une évidence que c’est à l’échelle du territoire que les problèmes de développement durable sont perçus et c’est là sans doute également qu’ils peuvent trouver des solutions à la fois équitables et démocratiques. A ce niveau, il est communément admis que les responsabilités sont plus faciles à établir, les actions plus commodes à contrôler et les interdépendances entre acteurs plus aisées à prendre en compte.

Sur le plan méthodologique, en prenant comme référence les Objectifs du Développement Durable adoptés par la communauté internationale (voir annexe 1) c’est au niveau de la base que doit être conçu et mis en œuvre le développement de ce territoire. En d’autres termes, la définition des besoins prioritaires, le choix des projets pour satisfaire ces besoins, l’affectation des ressources devront se faire en consultation avec les citoyens et ou leurs représentants dans les assemblées élus, les comités de quartier et de village et les associations dans un cadre démocratique et transparent. Un compte rendu d’exécution des programmes et projets doit également faire l’objet d’une présentation devant les citoyens.

La mise en œuvre de cette approche s’appuiera sur le capital humain de la région, les partenariats économiques, publics/privés, nationaux et étranger, la coopération décentralisée et la mobilisation de ressources (apport de l’émigration, IDE pour l’exportation)

Cette approche décentralisée du développement vise à restituer le pouvoir économique aux citoyens en leur conférant le pouvoir de disposer de leurs ressources et de leur affectation, de choisir, d’évaluer et de contrôler les programmes dans la transparence. C’est un exercice qui permettra de renforcer la démocratie locale par le débat qu’elle implique et le consensus qu’elle vise à construire pour le bien de tous les habitants du territoire.

ANNEXE 1- Les Objectifs du Développement Durable

Eliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde ;

Eliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ;

Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge

Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité sur un pied d’égalité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ;

Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ;

Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ;

Garantir l’accès de tous à des services énergétiques stables, durables et modernes à un coût abordable ;

Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous ;

Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation ;

Réduire les inégalités dans le pays et d’un pays à l’autre ;

Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables ;

Etablir des modes de consommation et de production durables

Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions ;

Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins de développement durable ;

Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité ;

Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à tous aux fins de développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous ;

Renforcer les moyens de mettre en œuvre le Partenariat mondial pour le développement durable et le revitaliser.

ANNEXE 2

Application à un territoire pilote de la région centre du pays (couvrant principalement les wilayates de Tizi-Ouzou, de Bejaia et de Bouira)

Le développement durable de ce territoire doit prendre en considération son relief particulier comportant une longue bordure maritime, une zone de montagne boisée et des vallées encaissées irriguées par des rivières.

De là découlent des potentialités économiques spécifiques à exploiter.

-La bordure maritime depuis Cap Djinet à l’est de Boumerdès au Cap Carbon à l’ouest de Jijel longue de près de 300 km dotés ports notamment Azzefoun (activités de pêche) et Bejaia (terminal pétrolier, et transport de voyageurs), offre des perspectives considérables/ sur le plan économique et touristique.

Elargissement des ports existants, création d’activités de service dans les zones portuaires, ouverture d’une zone franche à vocation d’export,

Aménagement de plages, de bassins d’eau pour les bateaux de plaisance, construction de complexes hôteliers

Création de zones franches pour l’exportation.

– la zone montagneuse du Djurdjura, des Bibans et des Babors est particulièrement favorable à des activités touristiques, d’artisanat et de sous-traitance, au développement de l’arboriculture (olivier et figuiers) et à l’élevage, à l’exploitation des forêts (bois, liège)

– les vallées des principales rivières la Soummam, du Sébaou, des Issers, du Hodna notamment – dont le lit et les berges polluées par les déversements de déchets, doivent être assainies et protégées- où se situent les principales villes du territoire constituent des espaces propices à l’implantation d’activités de production et de services. Les usines existantes d’électrotechnique (Azazga), d’électroménager (Oued Aissi), de textile (Draa Ben Kheda), agro-alimentaires (Bejaia) à moderniser seront valorisées par un tissu de PMI et d’autres unités industrielles.

A cela il faut ajouter les ressources minières dont recèle ce territoire qu’il faudra explorer et exploiter de façon systématique en faisant appel à l’épargne des émigrés, aux investissements directs étrangers à travers des partenariats mutuellement avantageux.