Tizi-Ouzou, le 26 Mai 2018

Chers camarades, chers amis, Azul fellawen

Permettez-moi avant tout de vous souhaiter Ramadhan karime, espérons que les vertus de solidarité et de générosité retrouvent leur place au sein de la société.

Aussi, je me permets encore une fois, de vive voix, de remercier l’ensemble des militants, l’ensemble des congressistes, qui ont fait du congrès extraordinaire une leçon historique de démocratie.

Nous nous retrouvons aujourd’hui dans ce conseil fédéral pour être, comme à chaque fois que l’occasion se présente, à l’écoute de nos militants,et de nos élus.

Mais avant cela, je tiens à vous faire part d’un nombre de réflexions.

Notre pays fait face à l’un des moments les plus décisifs de son histoire.

Le pays est traversé par une crise multidimensionnelle, politique, économique, sociale, culturelle et environnementale.

Sur le plan politique, il y’ a un problème de légitimité des institutions qui ne date pas d’aujourd’hui. Le peuple algérien post indépendance n’a pas exercé librement son droit à l’autodétermination. Les élections n’ont jamais permis l’émergence d’institutions réellement démocratiques représentatives de la population.

Le pouvoir, qui a fait du parlement une chambre d’enregistrement, est en passe de le transformer en une caserne, piétinant la liberté d’expression et étouffant toutes les voix qui lui sont discordantes. Le FFS rejette avec vigueur le projet du règlement intérieur tel que proposé devant l’Assemblée Populaire Nationale.

Les réformes constitutionnelles de 2016 qui constituaient une régression en termes des libertés, ce projet de règlement intérieur est une autre régression en termes de liberté de l’action parlementaire. Au lieu de donner plus de prérogatives aux députés pour exercer leur pouvoir de contrôle sur le gouvernement et instaurer la séparation du pouvoir législative du pouvoir exécutif , ce projet de Règlement intérieur propose plusieurs articles verrouillant la libre expression des députés lors des séances plénières, et excluant   la langue amazighe des travaux de l’assemblée en violation de la constitution.

Sur le plan économique, le pays ne parvient pas encore à assurer son développement. S’en remettre au secteur privé étranger n’est pas la solution car cela constitue une hypothèque pour son indépendance et à terme pour sa souveraineté.

Sur le plan social, le pays ne dispose plus de ressources suffisantes pour assurer un niveau de vie décent à une population croissante et une protection sociale des plus démunis. L’état dégradé des secteurs de la santé et de l’éducation ne répondant plus aux besoins de la population et sans perspective de redressement effectif.

Face à un pouvoir qui fait tout pour que les choses restent en place, la société fait bouger les lignes. Les collectifs, les syndicats, les associations se mobilisent. Tout est figé en haut, mais tout bouge en bas. A nous donc d’accompagner ces hommes et ces femmes qui par le bas, font bouger les lignes.

Au FFS, nous considérons que la crise est multidimensionnelle,  politique, économique,    sociale, culturelle et environnementale et, de ce fait, nécessite une approche globale.     Le projet de consensus national offre un cadre approprié pour une approche systémique.

Le constat montre en effet qu’au  plan politique, il y’ a un problème de légitimité

des institutions qui ne date pas d’aujourd’hui. Le peuple algérien post

indépendance n’a pas exercé librement son droit à l’autodétermination. Les

élections n’ont jamais permis l’émergence d’institutions réellement

démocratiques représentatives de la population.

Sur le plan économique, le pays ne parvient pas encore à amorcer un décollage,

étant tiré vers le bas par sa dépendance aux hydrocarbures en baisse sur le plan

des réserves et des prix. S’en remettre au secteur privé étranger pour assurer son

développement n’est pas la solution car constitue une hypothèque pour son

indépendance et à terme pour sa souveraineté.

Sur le plan social, le pays ne dispose plus de ressources suffisantes pour assurer

un niveau de vie décent à une population croissante et une protection sociale des

plus démunis. Révélateurs de cette situation, l’état dégradé des secteurs de la

santé et de l’éducation ne répondant plus aux besoins de la population et sans

perspective de redressement effectif.

Notre parti a accompagné, et accompagnera toujours, les forces du changement, jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications légitimes.

Nous avons appelé le 1er Novembre 2017 toutes les forces sociales et politiques pour préserver l’état social en opposition à l’état libéral que le régime est en train d’imposer au peuple Algérien.

Nous avons rappelé le 30 décembre 2017, à l’occasion de l’hommage à feu Hocine Ait Ahmed Allah irahmou, les acteurs politiques et la société civile à se déterminer à l’avenir par rapport aux deux lignes, la ligne libérale autoritaire ou la ligne de l’état sociale.

Désormais tenir un discours à la fois libéral et social ne devrait tromper personne. Avoir un pied dans le pouvoir un autre dans l’opposition c’est de l’opportunisme politique. Les citoyens ne sont plus dupes il faut choisir son camp.

Nous avons appelé le 1erMai dernier, les citoyens, les travailleurs, les cadres gestionnaires, les femmes, les jeunes et les journalistes, pour se mobiliser en faveur du changement.

Le plan d’action du secrétariat national, qui vient d’être adopté à l’unanimité par le conseil national, rappelle notre engagement à demeurer aux côtés des forces vives de la société.

Notre action sera constante et sans faille pour arracher les libertés syndicales spoliées par des organisations étatiques à la solde des tenants du pouvoir. Nous continuerons à agir pour l’ouverture du champ politique, médiatique et associatif gangrené par la multiplication de groupuscules téléguidés par le pouvoir qui poussent à la pollution du débat politique et la démission d’une partie des élites de la société. Nous continuerons à agir et à conjuguer nos efforts avec les acteurs autonomes politiques, économiques et sociaux en vue de l’ouverture d’un véritable débat démocratique. Nous continuerons à œuvrer inlassablement pour créer les conditions nécessaires à la reconstruction du consensus national.

Vive l’Algérie,

Vive le FFS

Gloire à nos martyrs