Par Raouf Hamdine

 

Dans l’opacité la plus totale et sans qu’on ne comprenne les raisons et les buts, le pouvoir a décidé le 20 mars 2017 de changer le PDG de Sonatrach.

 

Qui peut expliquer le limogeage d’Amine Mazouzi annoncé avec le dédain habituel pour les cadres du pays du pouvoir. Et le peu de cas qu’il fait de l’opinion publique.

Qui peut expliquer la désignation d’Abdelmoumen Ould Kaddour comme nouveau PD-g de Sonatrach que l’on présente aujourd’hui comme un « crack » alors qu’il a été condamné en 2007 pour divulgation d’informations secret défende par un tribunal militaire ? Personne.

Surtout pas Nourredine Boutarfa, le ministre de l’énergie qui fait semblant d’avoir procédé aux changements à la tête du groupe Sonelgaz. Le nouveau PDG a d’ailleurs « clarifié » les choses dans son premier « message au travailleurs » en remerciant « chaleureusement son Excellence le Président de la république pour la confiance qu’il m’a témoignée en me désignant Président Directeur Général du groupe SONATRACH. »

Mis à part des attaques téléguidées dans les médias, personne n’est en mesure de faire le bilan de la gestion de M.Amine Mazouzi. Comme ceux de ses prédécesseurs et probablement si rien ne change, comme celui de son successeur. L’opinion algérienne est fortement perturbée par le fait qu’un homme condamné pour des faits présumés graves se retrouve à la tête de l’entreprise la plus stratégique du pays.

Que s’est-il donc passé en 2007 ? Une cabale ? Un faux «dossier » fabriqué par le DRS ? Que se passe-t-il en 2017 ? Une accusation contre le présumé « ex-DRS »? Une réhabilitation d’un homme ? Il n’y a que des questions dans cette affaire Sonatrach qui n’en finit pas de scandales à l’autre et d’un limogeage à l’autre.

Ainsi que l’a noté Libre Algérie, « quand un système n’a plus aucune norme pour réguler ses actes, il devient absurde d’essayer de le décrypter. Comme de laisser entendre que Mazouzi a échoué – en quoi ? – et que les choses vont aller mieux avec ce diplômé du MIT… Pas plus que cela n’a pas de sens de laisser croire qu’il n’existe pas parmi les cadres Algériens des gens capables de mener la boutique. »

Une chose est sûre, le problème de Sonatrach, c’est d’abord le pouvoir, son opacité et celle avec laquelle les ressources du pays sont gérées. Sonatrach gère la rente stratégique du pays, elle échappe au contrôle de l’assemblée nationale. Les décisions qui sont prises par sa tutelle politique sont des ukases ou des édits monarchiques qui s’annoncent sans explication.

Ce qui arrive à Sonatrach depuis plus de deux décennies est l’expression inquiétante de la dérive d’un système devenu une menace pour la sécurité du pays.