Front des Forces Socialistes

Déclaration du 1er Mai

Le 1er Mai,  Journée  Internationale des Travailleurs, est célébrée dans tous les pays chaque année depuis plus d’un siècle. C’est un jour de commémoration à l’égard des travailleurs qui ont versé leur sang, perdu leur vie pour obtenir des droits. C’est une journée de revendications et de solidarité internationale.

Mais cette année le 1er Mai est exceptionnel à plus d’un titre car la crise sanitaire due à la pandémie du corona virus, qui touche tous les pays, occasionne des drames sur le plan humain, économique et social, et empêche  les travailleurs d’exercer leur droit de manifester à cause du confinement. Ce n’est donc pas une fête.

Le temps n’est pas aux festivités, mais notre devoir est de  marquer notre solidarité avec les travailleuses et les travailleurs à cette occasion et de rendre hommage, à travers tous les réseaux de communication, à tous ceux qui se sont sacrifiés pour arracher des droits sociaux que nous considérons élémentaires alors qu’ils les ont payés de leur vie. Parmi eux, Aissat  Idir  allah irrahmou et  tous les martyrs qui ont consenti  le sacrifice suprême pour une Algérie libre et émancipée. Conservons à jamais leur souvenir dans notre mémoire collective.

Partout les mots d’ordre sont les mêmes: continuer la lutte pour préserver l’emploi, valoriser le travail, améliorer la protection sociale, sauvegarder le pouvoir d’achat, vaincre grâce à l’unité et à la solidarité des travailleurs.

En Algérie où le chômage et le travail informel et précaire, touchent une grande partie des jeunes, notamment diplômés, entrainant des larges pans de la société dans la pauvreté. La crise multiforme à laquelle est confronté le pays, ne peut pas être dépassée par des mesures ponctuelles en réponse à des urgences sociales conjoncturelles, car ses effets impacteront durablement le niveau de vie de la population.

C’est la raison pour laquelle le FFS considère que la protection sociale ne protège pas suffisamment les citoyens, et qu’il y a lieu non seulement de valoriser le salaire minimum et l’allocation chômage mais aussi d’instaurer un revenu social minimum garanti à toutes les familles sans ressources.

Dans ce contexte qui va en s’aggravant, le FFS dont la lettre marque l’orientation sociale de son programme d’action, considère que ce 1er Mai doit désormais marquer le début d’un nouvel ordre social basé sur le droit et la démocratie. Le fondement de cet Etat  que nous voulons construire sera Social avec un développement économique durable associé au progrès social et à la protection de l’environnement.

Au delà du chômage et des revenus menacés par la prolongation de la crise sanitaire et le ralentissement des activités économiques, qu’il faudra compenser par des allocations ciblées, se pose également la nécessité de consolider le secteur public et d’assurer l’accès de tous aux produits de première nécessité et aux services sociaux de base, dont le logement, la santé et l’éducation.

Le FFS le dit et le redit. La crise actuelle et ses conséquences préjudiciables au niveau de vie de tous, à la stabilité du pays et à l’indépendance nationale, ne peut pas être surmontée dans la durée sans la participation des citoyens.  C’est la raison pour laquelle la démocratisation de l’Etat et de ses institutions s‘impose de toute urgence. C’est une question de survie.

Seule une Nation rassemblée pourra faire face aux menaces que représentent les stratégies des multinationales de se refaire une santé économique et financière sur le dos des pays comme le nôtre qui recèlent des matières premières et un marché de biens d’équipement et de consommation indispensables à leur développement.

Pour atteindre ces objectifs, le FFS appelle à œuvrer à  la réalisation de convergences avec les forces politiques, syndicales et sociales, autonomes, qui partagent les mêmes valeurs de progrès économique et social, pour lutter ensemble à l’instauration d’un Etat de droit démocratique et social et à l’avènement de la 2ème République.

En cette journée du 1er Mai, le FFS vous convie à rendre tous ensemble un vibrant hommage à tous ceux qui dans le cadre de la révolution populaire du 22 février ont manifesté pacifiquement pour la fin du régime actuel et plaidé pour une rupture radicale avec le système politique actuel qui a gravement failli et pour une transition démocratique, comme unique voie pour la construction d’un Etat de droit, démocratique et social. Sans oublier les médecins et le personnel soignant qui, au péril de leur vie, ont sauvé celle des autres  et continué malgré tous les dangers à combattre cette terrible pandémie.

Le FFS  continuera à œuvrer aux côtés du peuple algérien et en partenariat avec les syndicats autonomes, pour imposer un dialogue sincère, responsable et inclusif, seul à même de concevoir d’une manière consensuelle les mécanismes appropriés pour engager  un véritable processus de démocratisation de l’Etat et de ses institutions.

Le FFS réitère son engagement, fidèle à ses principes et à ses valeurs historiques, à poursuivre son combat pacifique jusqu’à l’avènement de la Deuxième République.

Vive l’Algérie libre et démocratique

Vive le FFS

Gloire à nos valeureux martyrs

Le premier secrétaire national

Dr Hakim BELAHCEL.