Front des Forces Socialistes

Groupe Parlementaire

Alger, le 03 septembre 2018

Déclaration

Les Parlementaires du Front des Forces Socialistes des deux chambres (APN et SENAT),  se sont réunis au bureau du groupe parlementaire, à l’Assemblée Populaire Nationale, la matinée du 03 septembre 2018, et ont pris la décision de boycotter l’ouverture de la session parlementaire pour la période 2018-2019, tenue le même jour, et ce pour dénoncer encore une fois, la mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif, qui s’est transformé en un simple comité de soutien aux politiques de l’échec et de la faillite qui ont mis en péril l’avenir du pays, et mis en péril tous les horizons de changement et l’ascension vers une Algérie démocratique et sociale.

Les Algériennes et les Algériens aspirent à un parlement souverain, qui joue son rôle constitutionnel, qui représente véritablement le peuple et légifère en son nom, et répond à ses aspirations et aux défis que notre pays affronte et doit relever.

Malheureusement, le parlement dans sa majorité usurpée, est loin de ses missions constitutionnelles et des aspirations du peuple.

Cette deuxième  session de la 8ème  législature intervient dans un contexte politique, économique et social caractérisé par le flou et l’incertitude sur l’avenir de notre pays.

La majorité usurpée et les gouvernements successifs excellent dans la violation de la constitution et des lois. La preuve en est le refus du gouvernement de présenter son bilan annuel et sa déclaration de politique générale conformément à la constitution, ainsi l’hésitation du bureau de l’Assemblée Populaire Nationale à présenter le projet de son règlement intérieur.

L’ouverture de la session parlementaire intervient dans un climat social délétère, aux horizons inconnus et porteurs de grands dangers sur la stabilité du pays et son avenir, caractérisé par :

  • La détérioration du pouvoir d’achat du citoyen avec un niveau de vie des plus bas pour les Algériennes et les Algériens.
  • Le musellement des libertés syndicales, associatives et des activistes politiques et des militants des droits de l’Homme
  • Le flou total sur l’avenir politique, économique et social du pays
  • La mauvaise gestion et l’absence d’une bonne gouvernance
  • La réapparition des épidémies et des maladies infectieuses, ayant pour conséquences l’angoisse et la peur des citoyennes et des citoyens
  • La gestion catastrophique du dossier de l’épidémie du choléra et la contradiction dans les déclarations des différents responsables des ministères de la Santé, l’Intérieur, de l’Environnement et de l’Agriculture.

Les parlementaires du Front des Forces Socialistes demandent la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur l’origine de l’épidémie du choléra et les mesures prises pour la prévention et la protection de la santé du citoyen et de la santé publique.

L’ouverture de cette session parlementaire intervient dans ce mois de septembre qui est très cher pour les Hommes libres de ce pays et pour les militants de la démocratie et les fondateurs du FFS. C’est le 29 septembre 1963 que le FFS a été créé par des patriotes et des valeureux Moudjahidines qui ont libéré le pays et milité pour la libération de notre peuple.

A cette occasion, les parlementaires du Front des Forces Socialistes réitèrent la revendication de la reconnaissance des martyrs du devoir, de la démocratie et la réhabilitation des anciens de 1963-1965.

Il n’y aura pas de réconciliation sans la réhabilitation des anciens du FFS, ni réconciliation en l’absence de vérité et de justice.

Nous au FFS, nous continuerons de militer pour un parlement souverain, autonome, représentant le peuple et ses aspirations, qui ne seront concrétisé que par un consensus national et l’élection d’une assemblée constituante, prélude à l’instauration de la deuxième république.

Pour le Groupe Parlementaire

Le Chef du groupe

Saddek  SLIMANI