Chers citoyennes, chers citoyens;

Chers camarades,

Azul Fellawen, Salam Alikoum

La célébration du 54e anniversaire de la création du FFS, ici à Tizi Ouzou, dans cette ville emblématique des luttes démocratiques, est un moment fort pour tout militant et pour tout patriote sincère.

La  construction de la démocratie, dans un monde  et un 21ème siècle, troublé, injuste et violent  est d’abord un apprentissage de la lutte .Toutes les avancées démocratiques sont le fruit de la lutte citoyenne et non des cadeaux du Pouvoir.

Tous les combats que nous menons au quotidien pour sortir notre pays de l’impasse ne sont possibles que parce qu’avant nous des militants sincères et lucides ont payé, parfois de leurs vies, le droit de se battre pour arracher des droits.

Nous leur devons, à ces militants intègres, gratitude, fidélité et respect. Hommage aux militants de 1963. Hommage également à tous les militants engagés en faveur de la justice et de la démocratie. Nous leur devons également d’assumer notre part de combat.

L’actualité la plus immédiate a fait que ce 54ème anniversaire du FFS coïncide avec la préparation d’élections locales qui ont rappelé au-devant de la scène le combat du militant exemplaire de la démocratie et de la liberté qu’était Ali Mécili.

31 ans après l’assassinat d’Ali Mécili, le 17 Avril à Paris, nous voici face à la candidature de son assassin  à ces élections sur la liste d’un parti du Pouvoir, le RND, un parti crée 10 ans après cet assassinat politique en pleine guerre des années 90.

Observons à travers cette affaire comment les évènements se succèdent et s’amplifient et comment la crise nationale, ouverte par le coup d’Etat au GPRA et toujours non résolue, se complique.

Ali Mécili a été assassiné parce qu’il a entrepris en 1985 de rapprocher le FFS de Hocine Ait Ahmed et le MDA de Ahmed Ben Bella en vue d’une sortie démocratique de la Dictature militaire.

Le Pouvoir a réagi par l’assassinat politique. Un an plus tard c’était Octobre 88 et ses morts par centaines. A la tentative de réforme de 1989, le Pouvoir a instrumentalisé la violence intégriste et a plongé le pays dans la terreur de la décennie 90. Le coût humain sera cette fois de centaines de milliers de morts.

Chaque fois le Pouvoir s’est violemment opposé à la voix de la sagesse et a préféré l’aventure unilatérale de la confrontation violente.

Puis ce fût le Printemps noir de Kabylie, avec ses morts et ses manœuvres brutales de démantèlement de l’organisation citoyenne et politique de la région au profit d’un affairisme douteux.

Et nous voici en 2017 face à une crise qui menace de tout emporter sur son passage : Le salaire des travailleurs et des retraités, le pain quotidien des plus démunis, la sécurité dans nos villes et nos campagnes et même l’unité nationale vaillamment construite par les valeureux moudjahidine de notre glorieuse révolution.

Ce Pouvoir a dit NON à chacune des propositions de sortie de crise. Ils ont refusé la réconciliation  sur des bases de construction politique de la deuxième république. Ils ont préféré discuter avec des groupes armés. D’ailleurs Ouyahia continue à lancer des appels aux « égarés dans les maquis. »

L’ensemble des éléments de ce scandale de gouvernance unilatérale et de prime à la violence sur la solution politique se retrouve concentré de manière fortement symbolique dans les rebondissements de l’Affaire Mécili.

Ceux qui ont combattu par la violence le pluralisme politique et la démocratie créent des partis politiques et s’affublent du label démocratique ! Mais l’Histoire les rattrape aujourd’hui. Tout comme elle les rattrapera demain s’ils persistent dans leur unilatéralisme faussaire.

Qui était Ali Mécili ? Un officier de l’ALN qui a quitté le confort d’une carrière brillante au service de la Dictature pour devenir avocat, compagnon de lutte de Hocine Aït Ahmed, et se mettre au service du FFS et de la construction de l’alternative démocratique. Un homme de culture et de dialogue. Un militant pour le rapprochement et la réconciliation entre algériens sur des principes  de respect du pluralisme démocratique et de construction de l’Etat de Droit.

Son assassin était un vulgaire truand en service commandé.

Malgré les apparences, malgré l’arrogance criminelle du Pouvoir, malgré la crise politique et économique, la lutte pour la démocratie engagée en 1963 par le FFS gagne progressivement tous les secteurs d’activité et toutes les régions du pays.

Nos idées avancent et sont reprises par d’autres. Mais la bataille sera rude car d’autres forcent se fédèrent en vue de renouveler les impasses de la violence et du chaos. Certains, n’hésiteront pas à faire de notre pays un autre Rwanda, une autre Libye ou une autre Syrie.

La lutte pour la démocratie ne donne pas au peuple une baguette magique pour régler ses problèmes. La lutte démocratique donne l’avantage stratégique des convictions militantes face aux manœuvres de communication du système.

Mille fois ils ont annoncé la mort du FFS. Mille fois ils ont instrumentalisé la faiblesse des hommes pour affaiblir le Parti. Mille fois ils ont calomnié, insulté, fraudé, intimidé, menacé. Et nous sommes toujours là ! Militants fidèles à l’Idéal des Pères Fondateurs de l’Algérie moderne, fidèles au combat de  notre Fondateur Hocine Aït Ahmed. Fidèles aux luttes de tous les militants célèbres ou anonymes qui ont consacré leur vie à L’Indépendance nationale, la souveraineté populaire, la Liberté et la Démocratie.

Le FFS considère l’assassinat d’Ali Mécili comme un crime imprescriptible, il continuera d’honorer sa mémoire et de soutenir sa femme et ses enfants dans leur combat pour que justice soit rendue.

Pour le FFS la fidélité à l’idéal qu’incarnait Ali Mécili c’est aussi de continuer  le combat pour la justice sociale, un pluralisme culturel et politique apaisé, un Consensus National établi sur des principes démocratiques, pour une deuxième république qui consacre un véritable Etat de Droit.

Le monde d’aujourd’hui, le monde au 21ème siècle, rend obsolètes les ruses habituelles des dictatures et ne laisse de place que pour les Etats et les sociétés qui font de la souveraineté populaire incarnée dans un Etat de Droit la véritable profondeur stratégique qui peut assurer stabilité, sécurité et développement.

Au FFS nous luttons pour l’Etat démocratique et social inscrit dans la plate-forme de la Soummam. Pour nous la justice sociale doit être garantie par les mécanismes d’un Etat de Droit et non par des Bons pour les Indigents.

Au FFS nous considérons que ce sont les mécanismes d’un Etat de Droit qui garantissent le bon fonctionnement de l’économie avec l’impartialité de la justice pour protéger les droits : Des travailleurs, des entrepreneurs publics, des entrepreneurs privés.

Au FFS, nous croyons que ce sont les peuples qui produisent les richesses et non les richesses qui produisent des peuples.

Gloire à nos martyrs

Vive l’Algérie libre et indépendante

Vive le FFS.