Discours du camarade  Mohamed Hadj Djilani, 1er Secrétaire du FFS lors de la commémoration du 61° Anniversaire du Congrès de la Soummam

Chers camarades, chers concitoyens,

Nous voici réunis pour commémorer un évènement historique dont la grandeur éclaire encore notre cheminement vers la liberté. Le 20 AOUT 1956 se tenait ici même le Congrès de la Soummam. Revenir chaque année dans ce haut lieu de l’histoire pour commémorer cette date est pour le Front des Forces Socialistes un devoir envers nos pères fondateurs pour honorer leurs mémoires et remémorer leurs sacrifices et afin de préserver la mémoire collective de notre nation. C’est aussi un devoir envers nos enfants pour leur apprendre les leçons de la lutte et préserver leur avenir. Un avenir malheureusement plein de périls et assombri à cause de la confiscation de l’indépendance et de l’échec de toutes les politiques prônées par le régime en place depuis 1962.
61 ans sont déjà passés sans que se soient effacées de la mémoire collective de notre peuple les souffrances engendrées par le colonialisme et sans oublier les conditions dans lesquelles s’est tenue le Congrès de la Soummam, un évènement historique déterminant dans l’histoire contemporaine de l’Algérie.
A travers la commémoration de cette date nous voulons réaffirmer notre attachement à nos valeurs et principes fondateurs, honorer le combat de nos ainés et leur dévouement à la cause nationale, revivifier et renouveler l’esprit d’indépendance, l’engagement patriotique et l’espérance démocratique de notre peuple.
C’est pour cela que nous sommes devant vous aujourd’hui pour vous dire, encore une fois, que notre référent est le mouvement national, c’est la proclamation du 1er novembre qui a appelé à la construction d’un Etat DEMOCRATIQUE et SOCIAL- j’insiste sur social, car insister et rappeler à chaque fois les fondements de notre glorieuse révolution s’avèrent nécessaires en ces temps de révisionnisme.
Notre référant est aussi le Congrès de la Soummam, son esprit, ses principes, et sa plate-forme qui a doté la révolution d’une organisation et énoncé les bases sur fondatrices de l’Etat Algérien.
Comme notre regretté président, l’avait déclaré: «la plate-forme du Congrès de la Soummam est le premier accord contractuel fondé sur le respect du pluralisme et non sur le consensus populiste».
Cette Histoire doit, bien sur, être célébrée à travers des commémorations comme nous le faisons régulièrement. Cette Histoire n’est pas seulement à écrire, comme s’y attellent avec une même ardeur historiens intègres et révisionnistes de toutes obédiences. L’Histoire du point de vue des militants fidèles et vigilants que nous aspirons à être doit, plus que jamais aujourd’hui, être connue, transmise, comprise et analysée de manière à éclairer le Présent et l’Avenir. Cette approche est la seule démarche capable de contribuer à la construction d’une société harmonieuse informée de son passé et consciente des défis auxquels son avenir est confronté.
De la Plate-forme de la Soummam nous pouvons tirer d’innombrables enseignements qui concernent notre pays et les principes qui ont guidé et guident encore sa marche vers le recouvrement de sa souveraineté : La primauté du politique sur le militaire et l’Etat démocratique et social.
Des principes qui ont donné une dimension universelle à notre guerre d’Indépendance et l’ont inscrite aux côtés des grandes révolutions de l’Histoire de l’Humanité. Ces deux principes revêtent une grande importance et peuvent jouer un rôle central dans la construction de l’Algérie de demain telle qu’espérée par nos pères libérateurs, une Algérie Démocratique et sociale, une Algérie libre et heureuse. En dépit de tout cela, le régime en place, aujourd’hui comme ce fut le cas au lendemain de l’indépendance, continue par sa gestion autoritaire et unilatérale des affaires de l’Etat, de remettre en cause ces nobles principes et faisant fi des espoirs et des aspirations de tout un peuple.
Quand nous disons Primauté du Politique sur le militaire et Etat Démocratique et Social nous nous retrouvons confrontés à l’actualité la plus immédiate : Le renvoi d’un gouvernement au bout de 3 mois, par ceux là mêmes qui l’ont nommé et lui ont donné sa feuille de route, pour se plier aux volontés de l’oligarchie. Ajoutons à cela le cafouillage accablant, l’indifférence et la provocation dans la gestion des affaires de l’Etat par le pouvoir en place.
Ce cafouillage dans la gestion des affaires de l’Etat, les mascarades à répétition qui accompagnent chaque remaniement gouvernemental et les différentes décisions prises par le pouvoir démontrent l’incapacité caractérisée du régime de ramener de l’ordre dans sa propre maison. Les luttes claniques intestines et la course effrénée des forces prédatrices pour le partage de la rente et le bradage des richesses nationales constituent de plus en plus un danger sur la pérennité et la souveraineté de l’Etat-nation. Le délitement sans précédent des institutions affecte les plus hautes sphères de l’Etat, dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise multidimensionnelle et la multiplication des dangers extérieurs.
Ceci risque de porter préjudice à la sécurité et à la stabilité du pays et pourra conduire à des troubles majeurs que personne n’aura la capacité de maitriser, si le pouvoir continue dans sa gestion autoritaire et unilatérale du pays.
Pour notre part, nous considérons que la situation est grave. L’heure est venue pour opérer, en urgence, un changement pacifique et démocratique dans le pays afin d’éviter ces scénarios catastrophes.
Cette situation et l’actualité nous ramène ici même à Ouzelaguen, au cœur même des enjeux de liberté, et de justice pour l’ensemble du peuple. Un peuple qui a porté un idéal et payé le prix fort pour la victoire de la Révolution algérienne. Un peuple politisé qui a rejeté l’ordre colonial dans l’objectif de le remplacer par un Etat démocratique et social. Un peuple que les forces de l’argent veulent réduire à une population misérable, une population à qui l’on propose des cartes d’indigents ! C’est de cela qu’il s’agît aujourd’hui même ! La suppression des transferts sociaux c’est la condamnation du peuple à l’indigence pour l’asservir. C’est cela l’actualité que le Pouvoir impose au pays et c’est toujours dans la Plate-forme de la Soummam que nous trouvons ce qui doit nous inspirer car c’est cela même qui a été combattu par ce Pouvoir usurpateur et illégitime.
Depuis l’assassinat de Abane Ramdane, en passant par tous les coups d’Etat qui ont jalonné l’histoire de l’Algérie contemporaine, et jusqu’aux dernières manœuvres au sein du sérail qui ont animé l’actualité de cet été et marquent de leur empreinte la rentrée sociale, ces deux principes représentent le cœur vibrant de la Révolution algérienne et de notre lutte pour un changement, démocratique et pacifique du régime fondé sur l’Etat de droit, la démocratie politique, la justice sociale et la solidarité nationale.
Par ses coups d’Etat à répétition le Pouvoir a de tout temps tenu à maintenir loin des algériens le principe de la Primauté du Politique sur le Militaire. Pas seulement pour assurer à une caste prétorienne la prééminence sur le reste de la société, mais par la mise à l’écart du Politique, c’est-à-dire l’organisation démocratique du peuple pour la défense de ses intérêts et la construction des institutions qui les garantissent, ce qui était visé c’est l’empêchement de la construction de l’Etat démocratique et social , car l’oligarchie rentière, prédatrice et arrogante qui impose aujourd’hui son agenda à l’Etat n’a jamais accepté le principe de la construction d’un Etat Démocratique et Social.
Face à ce système qui vise à éradiquer toutes les formes de la vie politique au sein de la société, nous devons nous concentrer sur nos principales missions et nos engagements politiques fondamentaux.
Face à cette feuille de route notre mission est claire : Construire un consensus national et populaire qui garantisse à travers un Processus Constituant le passage à la deuxième république édifiée autour d’un Etat De Droit Démocratique et Social qui assure la Primauté du Politique sur le Militaire en refusant de faire des djounouds de l’ANP la base sociale du régime qui détruit le pays et le mène vers des troubles majeurs.
C’est notre programme, c’est notre mission, c’est le sens de notre militantisme au sein du FFS et c’est sur cela que le consensus doit se faire avec toutes les forces vives prêtes à se mobiliser et lutter dans la fidélité aux idéaux de Novembre 54 et la concrétisation des Principes de la Plate-forme de la Soummam.
Notre programme vise à construire les luttes sociales et politiques nécessaires à un changement pacifique, démocratique et ordonné du régime politique en place.
Ce changement, nous sommes appelés à le construire ensemble.
Je vous remercie.
Vive l’Algérie libre et indépendante
Vive le FFS
Gloire à nos martyrs