El Watan renoue avec le journalisme de basse police : Un article venu de Ben Aknoun contre Salima Ghezali

LE LIEN

Il faut plus d’une hirondelle pour faire un printemps. Quelques journalistes biberonnés à la manipulation style Ben Aknoun peuvent pourtant déshonorer un journal.  Sous la plume de Said Rabia, le journal El Watan vient de commettre ce dimanche un article dans le plus pur style des textes confectionnés par la police politique à Ben Aknoun où des journalistes qui ont fait la honte du métier allaient prendre leur copie et la publier à la virgule près.

 

A coups de mensonges, de citations tronquées, l’article cherche à présenter Salima Ghezali sous l’aspect d’une «égérie du qui tue qui » et même d’une avocate du terrorisme. Des choses entendues dans les années 90 quand les journalistes-sécuritaires du DRS attaquaient sans répit l’hebdomadaire La Nation qu’elle dirigeait.

Que dire de ce procédé méprisable du plumitif-flic si ce n’est que les Algériens ne sont pas dupes et que l’article 46 de la loi sur la réconciliation ne les empêche pas d’avoir de la mémoire – et s’agissant du journal El Watan il y a des archives parlantes et éloquentes – sur ce qui s’est passé dans les années 90.

Des hommes à l’intégrité politique sans faille comme Hocine Aït Ahmed ou Abdelhamid Mehri ont subi le même type d’attaques incessantes durant les années 90 car ils refusaient que la camarilla au pouvoir mette les Algériens en guerre en sortant de la légalité. Ils ont été accusés de faire le jeu des islamistes, de «trahison » etc…

En 2017, un journaliste d’El Watan ressort ce plat ranci de la presse du DRS et de ses «journalistes sécuritaires » qui constitueront une page honteuse de l’histoire du journalisme.

S’il faut remuer les remugles de ces années, nous le ferons volontiers avec El Watan et sans citations tronquées. Nous sommes prêts à créer une rubrique « mémoire de la presse DRS » pour rafraichir des mémoires fatiguées ou éclaircir la vue de jeunots zélotes programmés par la police politique qui continue bien de fonctionner et d’orienter.

Salima Ghezali, comme Hocine Aït Ahmed, Abdelhamid Mehri, s’est battue contre la mise en guerre du pays et pour une solution politique. L’attaque d’El Watan à la veille du scrutin est un acte politique d’un segment du pouvoir qu’incarnait parfaitement l’officine de Ben Aknoun qui dictait aux journaux ce qu’ils doivent penser et écrire.

Ce clan des éradicateurs du pouvoir qui lui vouent une haine sans limite pour son refus – expression d’une grande rectitude morale et politique – de choisir entre les victimes. Car toutes les victimes sont algériennes. Et parce que rien ne rendait inéluctable cette situation si le choix de la politique avait primé sur le choix de la guerre.

Salima Ghezali est une candidate venue du FFS. L’article d’El Watan est venu de Ben Aknoun.  Salima Ghezali est une militante et elle ne sera pas intimidée par les minables porte-plumes de la mafia. Nous le disons avec respect pour les journalistes de ce journal qui font leur travail en toute conscience et non sur «commande ».

Si El Watan veut ouvrir la page noire et sanglante des années 90, nous allons l’aider à le faire. De manière sérieuse. Nous ne le ferons pas dans le style de basse-police des Said Rabia, on ne tronquera rien, on ne décontextualisera pas. Cela donnera un vrai miroir à ceux qui aujourd’hui prétendent donner des leçons de morale politique à Salima Ghezali.

 

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Commentaires

  • Last mohican
    30 avril 2017 Reply

    « Li rada’ ati Rijalouha ! » Abdelhamid MEHRI
    Comprendre  » La mediocrité à ses hommes »

  • Ahmed Boudraa
    2 mai 2017 Reply

    El Watan, en nette perte de vitesse dans l’opinion croit utile de déterrer un vieux filon qui lui avait assuré à la fois un matelas financier confortable (facile accès à la publicité) et et une audience notable nourrie des cadavres des algériens. S’attaquer à une icône du journalisme algérien qui n’a pas changé d’iota ses convictions et qui a gardé intacte son aura et sa respectabilité auprès de ses concitoyens est certes mal inspiré. Sa rectitude et son intransigeance font peur aux chapelles dont El Watan a pris la fâcheuse résolution de défendre les intérêts dans l’attente d’un retour sur investissement

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