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Intervention de Abdelmalek Bouchafa devant le Conseil National du FFS

Les élections législatives du 4 mai 2017 se sont déroulées dans un contexte régional et international à hauts risques et dans une situation politique nationale exceptionnelle marqué par la stagnation, le verrouillage et la dépolitisation débouchant sur une opération électorale à la légitimité limitée.

Une élection qui a connu toutes les formes de manipulations et de fraudes, d’utilisation de l’argent sale, d’achat des consciences, d’instrumentalisation des armadas de destruction médiatique, d’utilisation des moyens de l’Etat et de ses institutions… Le parti pris de ces institutions pour les partis du pouvoir a été évident sans compter les pressions, les menaces, les chantages, les marchandages et les intimidations contre les électeurs.

En résumé, cette élection ne reflète la représentation réelle d’aucune formation politique, ni de sa dimension populaire et elle ne peut être évaluée qu’en fonction des objectifs que nous-nous sommes préalablement assignés.
Cette élection est également une provocation claire contre le peuple algérien et un mépris pour ses capacités dans la mesure où elle a aggravé le climat de dépression et de découragement et porté atteinte à la confiance du peuple en lui-même, le rendant réfractaire à l’égard de toute forme d’organisation politique ou associative. Ce qui est de nature à conforter les positions des responsables de la crise multidimensionnelle que vit notre pays à l’ombre d’une féroce guerre entre les clans du régime en prévision des présidentielles de 2019.
Le FFS a démontré au cours de cette échéance dans le fond et dans la forme et sans aucune équivoque sa capacité à respecter et à concrétiser ses principes fondamentaux et ses valeurs qu’il partage avec un nombre grandissant de citoyens et différents partenaires pour la construction de l’Etat de droit, unique garantie de la souveraineté des Algériens sur leur pays et ses ressources et unique voie pour préserver leur liberté, leur dignité et leur décision.
Cette démarche se poursuivra à travers la mobilisation populaire ou au sein des institutions élues pour faire échouer les plans visant à détruire les institutions de l’Etat et à les vider de toute substance

Chers camarades,

Notre position par rapport au plan d’action du Gouvernement présenté au niveau du parlement ces dernières semaines a été claire. Ce plan, des généralités et des propos flous, sans chiffres, ni objectifs, ni détermination des moyens et des délais de réalisation, est loin d’être à la hauteur des grands défis auxquels fait face le Pays : trouver une issue à la crise politique et morale et apporter des réponses aux priorités des citoyens et des acteurs économiques.

Il est vain de parler de développement durable en l’absence d’une volonté politique réelle de trouver des solutions radicales au marasme économique vécu et de mettre en œuvre des politiques et stratégies permettant à l’ensemble des acteurs politiques, de la société civile et à l’expertise nationale de participer en toute démocratie de jeter une base solide d’un vrai développement.

Chers camarades,

Un observateur averti de la situation du pays peut voir clairement le poids de la crise multidimensionnelle au niveau de tous les arcanes de l’Etat et l’état de confusion et d’embarras qui règne au sein du régime. A l’opposé, il pourrait s’étonner de sa persistance à aller vers des solutions éphémères et les bricolages politiques face aux grands défis au lieu d’aller vers des solutions objectives, radicales, étudiées et consensuelles.

Le refus de présenter le bilan du gouvernement sortant devant le parlement, malgré son caractère obligatoire au regard de la Constitution est un indicateur de l’absence d’entente entre les clans du régime sur les mécanismes de gestion du pays. Cela se manifeste également dans les contradictions, les tensions et les incohérences qui marquent les arcanes du pouvoir, une situation qui, sans aucun doute, pèse sur le fonctionnement de l’Etat tant au niveau national qu’à l’extérieur.

Vous avez suivi également la déclaration du Premier ministre nouvellement installé après la présentation du plan d’action du gouvernement au sujet de la dilapidation de montants astronomiques dans des investissements sans utilité. Cela a lieu en pleine ère d’austérité et de «rationalisation » des dépenses dont se vante le régime après avoir prétendument adopté un nouveau modèle économique.

Nous avons constamment alerté sur le fait que ce modèle dont les signes d’échec sont apparues rapidement, n’était pas viable car, comme toutes les décisions improvisées et unilatérales du régime, il n’est pas le fruit d’une approche consensuelle avec les acteurs économiques, les partenaires sociaux et l’expertise nationale. Ce n’était pas un projet économique alternatif, réaliste et à long terme et nul ne lui a accordé de crédit.

Aujourd’hui et au regard de notre responsabilité historique, nous affirmons que les mesures prises pour corriger le modèle économique ne sont pas viables si l’on ne va pas à la source de la crise qui est d’abord politique.

La confusion ne se limite pas à la scène politique et économique mais s’étend à tous les domaines et rouages de l’Etat. Dans le secteur de l’éducation, l’affaire de l’examen du baccalauréat s’est répétée. Le régime n’est plus en mesure de l’organiser correctement car le bac est devenu une carte politique entre les mains des clans du régime qu’ils utilisent pour des intérêts étroits et au détriment de l’avenir de la nation toute entière. Ces clans jouent contre l’avenir du pays et sa réputation.

Nous avons appelé à laisser nos enfants loin des manœuvres politiciennes et à revoir le système éducatif national sur la base d’un large débat national, libre et responsable, entre les parties concernées, professionnels de l’éducation, ministère de tutelle, classe politique, syndicats et associations de parents d’élèves. Avec pour objectif, l’élaboration d’un projet éducatif consensuel qui développe l’esprit critique, sanctuarise les valeurs nationales et prépare à une université, espace de créativité et de débat libre et constructif.

Malgré tant de défis graves qui obstruent notre quotidien, le régime, fidèle à ses habitudes dans les diversions et les manipulations, s’efforce à susciter des affaires pour occuper les esprits et détourner l’opinion des questions fondamentales essentielles. L’affaire des réfugiés subsahariens l’illustre parfaitement.

Nous avons tous vu comment l’affaire a été préparée à travers des campagnes bruyantes sur les réseaux sociaux pour finir par des déclarations contradictoires de hauts responsables au sein de l’Etat aux objectifs différents. Nous avons eu des appels à organiser leur arrivée et leur présence mais aussi des déclarations les classant comme une menace à la sécurité nationale et «source de maux et de maladies ».

Cela nous conduit à poser la question : pourquoi focalise-t-on subitement sur les réfugiés subsahariens alors qu’il s’agit d’un phénomène que l’Algérie connait depuis plusieurs années ?

Nous sommes conscients au FFS que le traitement de ce dossier sensible avec un régime fragile et faible ne fait qu’aggraver les pressions extérieures qui se sont accentuées durant la dernière période. Aussi, nous appelons à bannir l’instrumentalisation politicienne de ce phénomène et à le traiter en conformité avec notre responsabilité historique, régionale et en plein accord avec les valeurs de notre mouvement national ;

Ces valeurs commandent un devoir de solidarité avec tous les peuples opprimés et persécutés du fait des guerres et de la misère dans le cadre du respect total des droits de l’homme et dans des cadres légaux organisés et transparents. Et dans un cadre international également car le phénomène de la migration a une dimension internationale qui impose aux nations de s’entraider pour lui trouver des solutions car les réfugiés en sont les premières victimes.

Nous devons rappeler que le principal responsable de ce phénomène est l’impérialisme mondial et les grandes puissances qui ont généralisé les guerres, légitimé le pillage des ressources, diffusé le sous-développement et la destruction poussant les peuples de ces pays à aller vers d’autres cieux en quête d’un minimum de sécurité et de dignité.

Les grandes puissances doivent assumer pleinement leurs responsabilités en absorbant le plus grande partie des conséquences du phénomène des réfugiés qui pèse sur le monde. Et il n’y a pas de solution au problème sans la sécurité et la stabilité politique couplée à un développement réel et durable pour les peuples concernés.

Chères sœurs, chers frères

Des voix se sont élevées dernièrement, ciblant les politiques de subventions que le régime veut réviser. Le Premier ministre a appelé à un consensus national sur les nouveaux mécanismes qu’adoptera l’Etat pour revoir les transferts sociaux et le soutien social. Un haut responsable l’a précédé en déclarant avant les législatives que pour faire face à la crise économique et financière, il faut prendre des mesures impopulaires que la société doit assumer.

Au FFS, nous affirmons que le caractère social de l’Etat est une ligne rouge. Toute tentative de le remettre en cause à travers le paravent d’un consensus national factice est une manœuvre qui n’a rien d’innocent. C’est un retour aux vieilles pratiques du régime qui consiste à récupérer toutes les initiatives sérieuses émanant de parties patriotiques pour désactiver de leur contenu politique et les vider de sens.

C’est exactement ce qui est arrivé avec la réconciliation nationale que notre leader défunt a défendu. L’initiative politique du contrat national de Sant Egidio dont le but était d’éviter le sang sur la base de la justice, la vérité et la mise en place d’un Etat de droit a été vidée de toute substance par la charte de la paix et de la réconciliation de 2005 qui a occulté les conditions de la justice et la vérité et marginalisé la solution politique.

Voici aujourd’hui le tour du consensus national d’être piraté. C’est une initiative que le FFS a prise depuis son 5ème congrès en mai 2013. C’est un consensus qui touche l’ensemble des aspects de la vie du peuple algérien. Un consensus national et populaire est une initiative éminemment politique préparant le terrain à un nouveau système politique apte à porter un projet national à la hauteur des aspirations des Algériennes et des Algériens. C’est cette initiative que le régime veut faire avorter car il sait qu’elle est une nécessité historique et qu’elle sera une réalité.

Notre crise, une crise de système de pouvoir devenue une crise nationale compliquée dans un contexte régional et international à hauts risques, pèse réellement sur notre pays. On peut expliquer toutes les crises récentes par les ingérences étrangères d’une part, et par la faillite et l’échec interne d’autre part. Le militant doit donc être prudent et lucide dans l’analyse de ces deux menaces, il doit savoir comment faire face à la fabrication de la misère des peuples.

Notre environnement immédiat nous montre des peuples entièrement plongés dans la barbarie, des sociétés qui s’effondrent, des pays sous l’emprise du terrorisme, de la violence, des guerres néocoloniales et de guerres par procuration.

Dans un tel contexte, le FFS continuera à militer pour un processus constituant avec toutes ses étapes, ses objectifs, ses garanties et ses évaluations. Aussi, devons-nous aller immédiatement, sans perdre de temps, vers la reconstruction d’un véritable consensus national et populaire pour sortir de la crise qui est un tout. Et qui est au premier chef, une crise politique et morale.

Ce consensus auquel nous appelons est de nature à fonder une deuxième République, à protéger l’unité de la nation et du pays, à édifier un Etat de droit, à consacrer la séparation des pouvoirs et la souveraineté populaire et nationale ainsi que les libertés collectives et individuelles et le respect des droits de l’homme.

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