3ème Anniversaire du décès de Hocine Ait Ahmed

Camarade Président de l’assemblée nationale constituante de Tunisie

Excellences

Honorables invités

Chers camarades, Chers amis(es) ,

Azul fellawen, Salam alikoum

C’est avec plaisir que nous nous retrouvons aujourd’hui, pour commémorer le 3ème anniversaire du décès de notre président, feu Hocine Ait Ahmed, l’homme qui a consacré sa vie pour l’Algérie, pour la liberté, pour la démocratie et pour la construction du Maghreb démocratique des peuples.

Nous rendons hommage aujourd’hui, à un homme qui a marqué l’histoire, un homme dont le destin est lié à l’Algérie et au Maghreb. Ait Ahmed est né un 20 aout, une date que nous célébrons chaque année, anniversaire du congrès de la Soummam, qui a consacré le primat du politique sur le militaire.

Ait Ahmed est né en 1926, année qui a vu la naissance de l’Etoile Nord-Africaine, organisation regroupant les militants maghrébins et qui a permis l’émergence du mouvement national en Algérie.

L’unité maghrébine, but ultime des indépendances nationales, et projet cher à Hocine Ait Ahmed, était inscrite à l’ordre du jour des programmes politiques des nationalistes maghrébins depuis 1924, puis à la création de l’étoile nord-africaine (ENA), fondée en 1926.

Hocine Ait Ahmed a joué un grand rôle pour la construction du Maghreb démocratique des peuples. En décembre 1948, président de l’OS, il a présenté un rapport intitulé « les voies de la révolution», lors de la réunion de ZEDDINE du PPA-MTLD, et dans lequel il a fait de l’action libératrice une condition sine qua non de l’union du Maghreb.  Il a suggéré qu’il y ait une lutte à l’échelle du Maghreb, pour créer un rapport de force entre l’Algérie et la puissance coloniale.

Il a dit «  la lutte commune est non seulement gage de la victoire sur les forces coloniales, mais aussi garante de l’unité du Maghreb. C’est dans le combat libérateur que seront détruites les frontières artificielles qui morcellent cette entité.. » Page 43 du rapport.

Deux délégations du Parti du Peuple Algérien ont été envoyées après cette réunion : une au Maroc et une autre en Tunisie.

Trois années après ce rapport, Hocine Ait Ahmed et d’autres compagnons ont été désignés représentants de la délégation extérieure du PPA-MTLD, ils ont rejoint le bureau du Maghreb au Caire.

Cette action s’est prolongée sur la scène internationale à l’occasion de la conférence de Bandung, tenue en Indonésie, en 1955. Hocine Aït Ahmed, Allal El Fassi et Salah Ben Youcef, représentants du Maghreb à cette conférence, ils avaient pour objectif que les trois pays (Algérie, Maroc et Tunisie) unissent leurs forces pour l’indépendance des peuples du Maghreb.

Le 22 octobre 1956, l’avion transportant de Rabat à Tunis cinq dirigeants algériens (Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Mohamed Boudiaf et Mustapha Lacheraf) a été détourné par la puissance coloniale. La délégation se rendait à Tunis pour une conférence maghrébine avec l’objectif de modifier l’équation politique et d’avoir un rapport de force favorable.

En avril 1958, la conférence maghrébine a été organisée à Tanger.  Les enjeux de la rencontre, devaient favoriser la constitution d’un gouvernement provisoire algérien et renforcer l’unité du Maghreb.

Après l’indépendance, Hocine Ait Ahmed n’a pas cessé de militer pour la construction d’un Maghreb démocratique des peuples passant par la démocratisation des pays, la promotion des droits de l’Homme, en élisant un Parlement maghrébin au suffrage universel, en mettant en place un conseil économique, social, et culturel dans lequel seront représentées différentes régions des pays du Maghreb et une Cour maghrébine des droits de l’Homme. L’idée d’une confédération maghrébine des syndicats a également été proposée par feu Hocine Ait Ahmed.

Pour Ait Ahmed Les peuples du Maghreb étaient intimement liés sous l’oppression coloniale non seulement dans la résistance armée mais aussi dans les combats syndicalistes.

Il disait que nos pays n’ont aucune chance de se développer séparément. Les populations maghrébines n’ont jamais été aussi unies que sous le joug colonial. Après les indépendances, les rêves d’unification démocratique du Maghreb n’ont pas été réalisés.

Aujourd’hui, plus que jamais, il est temps de remettre aux peuples du Maghreb le contrôle de leur destinée.

Le combat de Hocine Ait Ahmed était pour la démocratie, pour la liberté, pour la justice sociale, et la réconciliation nationale. Il était le premier homme politique algérien à avoir appelé à une réconciliation historique entre le peuple et ses institutions, en Mai 1992, avant l’assassinat de Mohamed Boudiaf.

Il voulait d’une véritable réconciliation consacrant la justice et la vérité.

Depuis l’indépendance, ce ne sont pas les urnes qui ont décidé du destin des Algériens(es). Malgré l’inlassable combat démocratique de Hocine Ait Ahmed et de son parti le FFS, pour une véritable alternative démocratique et pacifique.

Hocine Ait Ahmed disait dans son message du 22 mai 2011 aux Algériennes et aux Algériens « c’est seulement au terme d’une remobilisation citoyenne et politique des algériens que nous pourrons aborder l’ensemble du processus électoral devant aboutir à une refondation institutionnelle qui remette les droits des citoyens , leur sécurité et leur développement ainsi que ceux du pays au cœur d’une constitution digne de son nom , par ce que enfin issue d’une assemblée constituante librement élue par des algériens libres .

Ceux qui participeront à l’élaboration de ce processus  seront les premiers Algériens véritablement libres, et ceux qui seront partis avant, ne se seront pas battus pour rien ».

L’enterrement de Hocine Ait Ahmed, a été à l’image de son parcours, des funérailles nationales et populaires. Les Algériennes et les Algériens doivent être fières et fidèles au projet si l’Hocine pour un Etat démocratique et social, et un Maghreb démocratique des peuples.

Les Algériens ont rendu hommage à un militant qui les écoutait et respectait qui a eu toujours raison et qui anticipe sur les événements. Militant pour un état de droit, démocratique et social, un ensemble maghrébin et engagé pour les causes justes, l’autodétermination du peuple palestinien.

Au FFS notre conviction est intacte, notre conviction est entière pour construire l’ensemble Maghrébin (Tamazgha), dont ont rêvé les leaders des mouvements nationaux de nos différents pays.

Rendre hommage à Si l’Hocine, c’est aussi la mobilisation de tous pour faire de l’espace Maghrébin un espace de liberté, de démocratie, de paix et de vivre ensemble.

Vive l’Algérie

Vive le Maghreb démocratique des peuples

Gloire à nos martyrs