Front des Forces Socialistes

Instance Présidentielle

Intervention de Ali Laskri, Tizi-Ouzou, le 29 septembre 2018

Azul, salam

Chers camarades, chers amis

Au nom de l’Instance Présidentielle, des militants et des militantes, je vous salue toutes et tous pour votre mobilisation, je vous remercie de tout cœur d’être au rendez-vous, ici à l’enceinte de l’ancienne mairie de Tizi-Ouzou, et d’être fidèles et dignes du combat et des idéaux proclamés le 29 septembre 1963.

C’est le 29 septembre 1963 que le FFS a été créé, par des patriotes et des valeureux maquisards qui ont libéré le pays et milité pour la libération de notre peuple.

En cette journée, nos pensées vont aux martyrs du FFS en particulier, et plus globalement à tous les martyrs de la démocratie et de la liberté.

A cette occasion, nous réitérons la revendication de la reconnaissance des martyrs du devoir, de la démocratie et la réhabilitation des anciens de 1963.

De cette tribune, nous remercions aussi tous les acteurs sociaux , experts et universitaires qui ont répondu à notre invitation aux assises sociales du FFS en apportant des contributions pertinentes en vue de rendre plus explicite les enjeux d’une crise nationale qui s’approfondit de plus en plus.

L’Algérie a été voulue par les Algériens comme un état représentant, incarnant, défendant les intérêts du peuple. Ceci est important à rappeler aujourd’hui.

Face aux oligarchies de toutes obédiences, face aux clans et autres regroupements qui squattent l’espace public en privatisant l’état, spoliant le peuple, défigurant la société et la déstructurant.

Le FFS a appelé le premier novembre dernier toutes les forces sociales et politiques à l’élaboration d’un manifeste pour un état social en opposition à l’état libéral que le régime est en train d’imposer au peuple Algérien.

La préservation de l’Etat social en opposition à l’Etat libéral alors que le temps presse car l’inaction menace désormais la cohésion sociale et l’unité nationale.

Les assises sociales du FFS conclues par un manifeste contre les exclusions sociales comme premier avertissement à ceux qui ont le pouvoir d’agir et qui ne le font pas.

Il est impératif à l’instar de toutes les nations modernes soucieuses du bien-être de leurs populations, d’établir un budget social de la Nation qui soit partie intégrante des Lois de Finances, avec des ressources suffisantes pour l’inclusion de tous les Algériens ;

de décentraliser les responsabilités et les ressources correspondantes qui assureront une meilleure prise en charge des besoins sociaux de base de la population;

D’allouer un Revenu Social Minimum Garanti pour les Algériens sans ressources, indépendamment du SNMG spécifique aux salariés qu’il faudra valoriser.

La tenue annuelles des Assises sociales pour faire un point de situation des progrès réalisés, convenir des nouveaux défis à relever, visant à établir les bases consensuelles d’une alternative démocratique économique et sociale en oppositions à la politique autoritaire et libérale du régime.

Chers camarades, chers amis

Nous voici réunis sous le regard des algériens et des algériennes pour célébrer le 55ème anniversaire de notre parti.

L’histoire de notre parti est liée à l’histoire du pays depuis l’indépendance, résistance à l’autoritarisme, à la dictature, au despotisme et lutte pour une république démocratique et sociale.

Le parti n’a jamais transigé sur ses convictions et ses idéaux au-delà des évènements et des hommes. Le parti a confondu son devenir et son avenir politique à l’avenir démocratique et social du pays.

Chers camarades, chers amis

Permettez-moi de saluer en toute humilité nos ainés et de renouveler mes sentiments de fraternité et de solidarité à tous ceux et à toutes celles qui se battent comme nous, avec nous, pour la liberté et qui combattent avec nous, comme nous, l’intolérance, l’injustice et le déni de droit.

Pendant un demi-siècle, le FFS a fait ses preuves, a préservé sa ligne politique inviolable, écrite par le sang de nos martyrs et les sacrifices d’une vie entière de notre président, feu Hocine Ait Ahmed.

Le FFS a constitué une école irremplaçable pour une génération de cadres et de militants, d’apprentissage et d’éducation politique, qui prône le changement du système.

Notre ligne politique est inviolable, nous la résumons en l’instauration de l’état de droit et la démocratie, une constitution par le peuple et pour le peuple à travers un processus constituant dont l’aboutissement est l’assemblée nationale constituantes prélude à l’avènement de la deuxième république.

Le FFS dérange par son autonomie, par ses principes, ses valeurs non négociables.

Nos partenaires et amis le constatent, nos adversaires le reconnaissent, nous gagnons en légitimité et en crédit. Le parcours vers la démocratie mérite tous les sacrifices.

Les choses bougent en bas et notre responsabilité est de leur donner un sens et une expression politique.

La proximité et la communion avec la population permettra de reconstruire sur des bases consensuelles et durables.

Chers camarades, chers amis

Depuis octobre 1988, le pouvoir manœuvre, complote et continue de fermer les portes à des solutions politiques, consensuelles et négociées. Depuis cette date, l’Algérie n’a pas engrangé les dividendes de la paix.

Pour le FFS, la véritable réconciliation doit se faire entre le peuple et l’Etat, à travers une restitution intégrale des droits politiques, d’expression, d’association et d’organisation. Une vraie réconciliation doit aboutir à un changement radical du système.

Il n’y a pas de réconciliation sans la réhabilitation des anciens du FFS, ni réconciliation en l’absence de vérité et de justice.

Aucune réconciliation ne peut être viable si les responsabilités ne sont pas établies. Aucune solution n’est possible sans la vérité et la justice.

Chers camarades, chers amis,

La volonté du pouvoir pour la reconstruction d’un consensus national est inexistante. L’Algérie continue de s’éloigner de l’Etat de droit. L’état actuellement ne fonctionne plus. Le pouvoir ne veut pas voir les réalités économiques et sociales des populations. Il reste sourd et atteint de myopie à la détresse d’une jeunesse aux impatiences exacerbées d’une population en déshérence.  Ce sont pourtant elles qui arbitreront l’avenir.

L’Algérie meurtrie, doit faire face aux appétits insatiables de ceux qui, après avoir marginalisé le capital humain et les ressources économiques, s’attellent méthodiquement à détruire l’héritage culturel et politique d’une génération de militants et de militantes qui ont donné à l’Algérie une place honorable parmi les nations et les peuples en lutte pour la liberté et la dignité.

L’Algérie n’est pas à vendre, ni à l’oligarchie nationale, ni aux intérêts étrangers. Le régime brade à des intérêts privés nationaux et étrangers, nos ressources minières et foncières, les secteurs stratégiques sous couvert de partenariat privé-public.

Des commissions d’enquête parlementaires s’imposent sur les retards et surcouts des projets structurants, sur les concessions du foncier agricole et sur les inondations ayant causé des victimes et des dégâts considérables. Les épidémies (choléra et autres) reflètent la gabegie et la mauvaise gouvernance du régime. Par ailleurs, il est à constater qu’aucun effort n’est fait pour s’adapter au changement climatique.

Chers camarades, chers amis

Le régime a mis les Algériens dans l’impasse, par l’absence de la culture de l’Etat, la non gouvernance. Il a reproduit les mêmes méthodes que l’ordre colonial, l’allégeance, la corruption, les collèges, le régionalisme, le tribalisme, les archaïsmes en lieu et place de la représentation politique et sociale.

Le régime se base de plus en plus sur le système de cooptation auprès des élites opportunistes, d’où la dévalorisation du politique, ce qui a fait reculer toutes les questions démocratiques.

C’est une évidence pour les Algériens que pour les observateurs étrangers que les présidentielles de 2019 ne seront pas une élection libre comme cela se fait en démocratie.

Alors que la crise dans notre pays est une crise de système et la solution encore une fois, ne viendra pas d’une élection présidentielle en l’absence d’un état de droit.

L’erreur du pouvoir est de trop, c’est que la solution d’un mandat à vie réveillera le volcan dormant dans un sursaut de dignité du peuple algérien.

Aujourd’hui, nous devons dire haut et fort aux Algériens et aux Algériennes que chacun doit assumer ses responsabilités pour sortir l’Algérie du statu quo mortifère. C’est-à-dire le courage et l’espérance doivent être de plus en plus fort que celui du désespoir.

Pour nous, il s’agit d’animer et d’impulser des dynamiques populaires. Il s’agit de rendre visible, lisible et crédible une opposition structurée.

Pour le FFS, il est impératif et salutaire que le parti se réorganise et s’adapte aux mutations et aux attentes des militants et des militantes.

Nous devons nous consacrer avec patience, avec ferveur et avec passion à nous réorganiser, à nous redéployer et à nous moderniser.

Collectivement, nous devons renouer avec l’éthique et la civilité dans la pratique politique au sein de nos structures et renouer avec les vertus d’un débat contradictoire.

Chers camarades, chers amis

Le lien dialectique entre libre débat et discipline militante doit être sans cesse présent dans nos esprits et nos actes. Nous nous devons d’élever les niveaux des débats pour être à la hauteur de nos responsabilités devant les Algériennes et les Algériens. Nos espérances sont intactes et notre résolution est entière. Avec les Algériens et les Algériennes, avec nos amis politiques, nous trouverons les moyens afin de déjouer les complots, préserver notre parti, impulser des actions politiques opérationnelles.

La seule alternative, c’est le changement du régime, c’est déprivatiser l’Etat en donnant aux Algériennes et aux Algériens le droit de préparer toutes les conditions qui permettront l’avènement de la deuxième république, la république de la véritable représentation politique et sociale, la république de la paix, de la justice sociale et de la démocratie.

Chers camarades, chers amis

Nous resterons fidèles à notre président, feu Hocine Ait Ahmed et à ses compagnons de lutte

Nous resterons fidèles au projet du FFS

Nous combattrons l’hostilité et les coups de force menés contre le FFS

Nous resterons fidèles et dignes du combat et des idéaux proclamés le 20 aout 1956

Nous continuerons Novembre et ses espérances démocratiques et sociales.

Nous construirons le consensus national par le peuple, avec le peuple et pour le peuple.

Du consensus de Novembre et de la Soummam, de la libération du pays au consensus de la libération du peuple.

Notre espoir est dans la mobilisation de la population, le recours au peuple.

LE FFS  VIVRA ET VAINCRA

L ALGERIE DEMOCRATIQUE SE REALISERA

C’est notre ambition pour le pays

C’est notre ambition pour notre parti