Chers camarades, chers amis
Nous nous retrouvons aujourd’hui, dans le cadre du 55ème anniversaire de la fondation du Front des Forces Socialistes, premier parti d’opposition de l’Algérie indépendante, et école du militantisme pour la démocratie et les droits humains.
Nous nous retrouvons aujourd’hui, à Ain Defla, une région qui a beaucoup donné pour la guerre de libération, sous le giron de la wilaya 4 historique, une région qui a beaucoup donné au FFS. La création de ce parti a été simultanément annoncée à Tizi-Ouzou et à Médéa. Nous avons l’honneur d’accueillir parmi nous l’un des fondateurs de ce parti, le commandant Lakhdar Bouregaa.
Le FFS est né dans le sillage de la crise postindépendance, lorsque le régime a dépossédé la souveraineté du peuple algérien. Le FFS est né pour construire un état démocratique et social, un état ou le peuple est la véritable source de tous les pouvoirs.
Le régime algérien a brisé cette dynamique et l’Algérie a vécu de 1962 à 1989 sous l’ombre du parti unique qui ne reconnait ni les droits ni les libertés. L’Algérie a vécu et continue de vivre sous le joug d’un système autoritaire qui réprime toutes les voix appelant à un véritable pluralisme et non une pluralité de façade.
Le FFS est né pour faire face au coup de force constitutionnel qui a consacré la nature dictatoriale du régime algérien, un régime qui depuis n’a pas changé de pratiques basées sur la répression, la corruption, et l’utilisation de tous les moyens pour museler les libertés syndicales, associatives, des activistes politiques, des militants des droits de l’Homme, et les hommes d’art et de culture.

Face aux aspirations démocratiques des Algériens et des Algériennes, le pouvoir impose des institutions illégitimes et anti démocratiques.
Face à la volonté populaire de choisir librement ses représentants, le pouvoir impose une majorité usurpée.
Face aux aspirations des Algériens et des Algériennes d’asseoir une alternative démocratique, le pouvoir préfère une alternance clanique.
Face à un régime qui continue dans sa démarche autoritaire, le FFS milite et continuera de militer pour les libertés démocratiques et l’état de droit, hier, aujourd’hui, et demain.
Chers camarades, chers amis
En cet anniversaire de la fondation de notre parti, nous rendons un vibrant hommage à notre président, feu Hocine Ait Ahmed, le militant historique qui a donné sa vie pour l’Algérie.
Notre feu président disait : « Le FFS est né dans le giron du mouvement de libération nationale, ses racines politiques et éthiques plongent dans un anti colonialisme de conviction et non de circonstance. Pour le FFS patriotisme et démocratie sont inséparables, le FFS a d’abord dû lutter pour empêcher qu’on piétine la démocratie au nom du patriotisme pour ensuite se battre pour empêcher qu’on piétine le patriotisme au nom de la démocratie ».
Il est de notre devoir également de rendre hommage à ceux qui ont fondé le Front des Forces Socialistes, à ces patriotes et moudjahidines de valeur qui ont libéré le pays et milité pour libérer le peuple.
Le FFS réitère la revendication de la reconnaissance des martyrs du devoir et de la démocratie et la réhabilitation des anciens de 1963-1965.
Il n’y aura pas de réconciliation sans la réhabilitation des anciens du FFS, ni réconciliation en l’absence de vérité et de justice.

Chers camarades, chers amis
L’anniversaire de notre parti ne doit pas nous faire oublier la situation du pays.
La situation politique aujourd’hui est marquée par beaucoup d’incertitudes autour de l’avenir du pays.
Le flou total sur l’avenir politique, économique et social amplifie la crise que traverse le pays, la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen, et un niveau de vie difficile pour les Algériennes et les Algériens causé par la mauvaise gestion et la mauvaise gouvernance, et la répartition inégale des richesses, ce qui a causé une contestation populaire dans tous les coins du pays.
La responsabilité de cette dangereuse situation incombe au pouvoir, car elle découle de sa gestion autoritaire, unilatérale, non participative et non consensuelle, ce qui approfondit les injustices, la hogra et le mépris.
La situation dégradante de différents secteurs, l’éducation, l’université, la santé, qui ne répondent pas aux besoins des citoyens, et n’offrent pas les conditions d’une vie décente. La peste, le choléra, la rougeole, et puis quoi d’autre ?
Face à un régime qui fait tout pour maintenir le statu quo, la société bouge pour le changement, les syndicats, les associations, les collectifs se mobilisent.
Le FFS accompagne accompagnera les hommes et les femmes qui bougent pour faire changer les choses.
Notre camp est dans la société, dans son avenir, dans son devenir.
Chers camarades, chers amis
Face à l’immobilisme du régime, le FFS centre son projet sur la mobilisation citoyenne, car c’est par la mobilisation qu’un rapport de forces pourra s’établir et contraindre le régime à un dialogue politique pour changer le système actuel.
L’enjeu est donc d’élever la conscience politique et sociale de toutes les franges de la société. Des rencontres politiques au niveau des quartiers, des villages, et des universités. C’est cette conscientisation de masse qui permettra d’imposer au pouvoir la reconstruction d’un consensus national qui mettra fin à un régime de non droit, anti-démocratique et antisocial et assurera l’avènement d’une deuxième république.
Le FFS militera pacifiquement pour la séparation des pouvoirs, par opposition à la concentration des pouvoirs en place actuellement.
Le FFS militera pacifiquement pour une décentralisation, la participation et le partenariat par opposition à l’état privatisé et centralisé.
Le FFS militera pacifiquement pour la repolitisation de la société par opposition au statu quo politique actuel.
Le FFS milite pacifiquement et sans relâche pour la construction d’un état démocratique et social, en opposition à l’état libéral qui constitue une trahison à la proclamation de Novembre et à la plate-forme de la Soummam, pour la reconstruction d’un consensus national et populaire avec le peuple algérien en faveur d’une deuxième république.
Nous au FFS, nous continuerons de militer pour un parlement souverain, autonome, représentant le peuple et ses aspirations, qui ne seront concrétisé que par un consensus national et l’élection d’une assemblée constituante, prélude à l’instauration de la deuxième république.
Chers camarades, chers amis
Notre parti, depuis plus d’un demi-siècle d’existence, est resté fidèle à la ligne politique du mouvement national.
Malgré toutes les tentatives de déstabilisation, le pouvoir n’a pas réussi à affaiblir le parti ni à ternir son image aux yeux de l’opinion publique nationale.
Le FFS reste fidèle à son projet, à sa ligne politique inviolable, seuls alternatives à ce pouvoir.
Vive l’Algérie
Vive le FFS
Gloire à nos martyrs