Chers camarades, chers amis, chers jeunes

C’est avec une joie immense que je me retrouve avec vous à l’ouverture de l’université d’été de notre parti, organisée ici à Souk El Tenine dans la wilaya de Bejaia, vivier du savoir et de la civilisation.

C’est avec émotion que je reprends ce passage d’un message adressé par notre président, feu Hocine AIT AHMED pour les jeunes, un certain 4 juillet 1996 :

« Il suffit d’évoquer quelques noms : Arezki Lakhel, Ali Laïmèche, Mohamed Belouizdad, Hassiba Ben Bouali, Larbi Ben M’hidi- presque au hasard d’un panthéon si riche mais aussi tellement irréductible aux figures connues et reconnues- pour comprendre le rôle de la jeunesse algérienne dans cette chaîne historique d’engagements et de fidélité.

En effet, pour vouloir la République algérienne et l’élection d’une Constituante Souveraine, comme l’avait exprimé, déjà, dans les années quarante, le Manifeste du Peuple Algérien, pour proclamer, un quart de siècle après, au Congrès de la Soummam, une république algérienne démocratique sociale et pluriculturelle, il fallait être jeune. Il fallait avoir cette jeunesse d’esprit et des tripes, cette foi inébranlable mais ouverte et féconde » .

Vous les jeunes, vous avez la chance de côtoyer le FFS, premier parti d’opposition de l’Algérie indépendante, véritable école politique et véritable pourvoyeur de thèmes de combats mobilisateurs, ce parti pour qui « les Forces de l’avenir » est loin d’être un slogan, mais une croyance profonde en les capacités de notre force juvénile. Vous les jeunes, vous êtes appelés à  devenir une force motrice dans le développement du pays.

Ensemble avec la société civile à qui revient l’historique mission de promouvoir les valeurs démocratiques et d’humanisme autour desquelles l’Algérie de demain devra s’articuler.

Chers camarades, chers amis, chers jeunes

L’ouverture de notre université d’été ne doit pas nous faire oublier les peurs et les incertitudes que vit notre peuple, ainsi que les crises auxquelles est confronté le citoyen algérien.

Le régime algérien s’inspire des méthodes qui ont fait leur preuve dans certains pays totalitaires du siècle dernier. Fonctionnant avec la prépondérante conjuguée de l’armée et de la police politique, le régime algérien est responsable des mêmes dérives totalitaires.

La science politique a inventé un nouveau vocabulaire pour caractériser un tel régime : Démocrature, une contraction des mots démocratie de façade et dictature

Des crises auxquelles le pouvoir ne peut pas faire face dans le sillage d’une crise financière asphyxiante aggravant l’inflation et compliquant la vie quotidienne des couches sociales vulnérables conséquence de la baisse des recettes pétrolières. Ces dernières n’ont pas réussi à réformer une économie archaïque alourdie par une dépense publique insupportable, dépourvue de toute vision à long terme.

Chers camarades, chers amis, chers jeunes

La sphère non productive s’est substituée au secteur productif, ce qui a consacré la fragilité de notre économie, une économie qui n’a pas tiré les leçons du passé et des crises précédentes notamment celle de 1986 dans laquelle la jeunesse algérienne s’est impliquée pour la dénoncer et la rejeter en occupant la rue. Le pouvoir a malheureusement riposté par la violence et la répression habituelle, semant la mort et la blessure.

Les problèmes que vit le pays sont inévitablement ressentis par la jeunesse, les problèmes que vit notre pays sont en premier lieu, ceux de sa jeunesse. Une jeunesse exclue, une jeunesse marginalisée, une jeunesse opprimée, sans perspectives ni espoir d’un avenir radieux que sous d’autres cieux.

L’école, l’université, la formation professionnelle, le monde du travail n’offrent pas à notre jeunesse le cadre approprié pour son épanouissement et son accomplissement.

L’échec du pouvoir lié à sa mauvaise gouvernance et à l’illégitimité des institutions empêche d’avoir des politiques sociales prioritaires pour les secteurs paupérisés de notre jeunesse, afin de freiner et, si possible, de stopper la désagrégation sociale ; cela l’empêche aussi d’arrêter le désastre national en matière d’éducation et de formation et d’engager un débat national pour la mise en place d’un système éducatif  et un système universitaire performants, basés sur l’algérianité et ouverts sur le monde.

Chers camarades, chers amis, chers jeunes

Les revendications sociales légitimes des populations à Bechar, Ouargla, Djanet et dans plusieurs autres wilayas du pays sont l’expression de l’échec du système de gouvernance, de la distribution inéquitable des ressources et du non-respect des droits individuels et collectifs.

Cette situation sociale intenable est la conséquence de la gestion unilatérale, non concertée, non consensuelle de la part du pouvoir qui aggrave l’injustice, les inégalités, l’exclusion, la dégradation d système éducatif, des universités, de l’environnement et du système de santé, ce qui a engendré un désastre avec le retour d’épidémies telles que le choléra et des maladies infectieuses qu’on croyait disparues à jamais.

Décidément, on aura vu de tout, en 2003 la peste, en mars 2018 la rougeole et maintenant le choléra, c’est dire que la régression est palpable.

Lorsque les pouvoirs publics déclarent qu’ils arriveront à bout de l’épidémie en trois jours, puis affirment qu’ils n’ont encore pas détecté sa source, cela dénote du sérieux avec lequel les affaires publiques sont gérées.

On ne peut se permettre un tel mépris à l’égard de la population.

Si le statu quo est maintenu, c’est par la faute seule et unique de ce pouvoir. Le FFS est et restera un parti opposant à ce régime dictatorial et autoritaire.

Le FFS prend acte des aspirations et des exaspérations du peuple Algérien.

Les Algériens et les Algériennes ont dénoncé, et ils ont le droit de le faire, qu’à l’ère des sciences et des technologies, nos concitoyens souffrent de maladies qu’on croyait disparues.

Les Algériens et les Algériennes ont dénoncé, et ils ont le droit de le faire, qu’au moment où on leur vante la justice et l’état de droit, des scandales de corruption éclatent au sommet de l’état.

Les femmes et les hommes de notre pays sont conscients de la gravité du moment. Ils savent que la poursuite des options actuelles est de nature à compromettre l’avenir.

Chers camarades, chers amis, chers jeunes

Mais l’espoir est permis, il y’a bel et bien des raisons d’espérer, dans chaque jeune algérien, dans chaque jeune algérienne, l’espoir doit être semé. Il apparaît de plus en plus que c’est à la jeunesse qu’échoira le rôle d’arbitrer l’avenir.

Autre raison d’espérer, les mouvements, associatif et syndical, se sont développés en dépit des restrictions réelles, directes ou indirectes, à leur activité. Ils gagnent en représentativité et en audience; quelques-uns d’entre eux ont atteint une dimension nationale. Ils exercent une pression réelle sur les pouvoirs publics.

Face à l’immobilisme du régime, le FFS centre son projet de reconstruction d’un consensus national sur la mobilisation citoyenne, les jeunes en premier lieu car majoritaires dans la société et moteur historique de toute révolution.

C’est par la mobilisation des jeunes qu’un rapport de forces pourra s’établir et contraindre le régime à un dialogue politique pour changer le système actuel.

L’enjeu est donc d’élever la conscience politique et sociale des jeunes. Des rencontres politiques au niveau des quartiers, des villages, et des universités. C’est cette conscientisation de masse qui permettra d’imposer au pouvoir la reconstruction d’un consensus national qui mettra fin à un régime de non droit, anti-démocratique et antisocial et assurera l’avènement d’une deuxième république.

Le FFS militera pacifiquement pour la séparation des pouvoirs, par opposition à la concentration des pouvoirs en place actuellement.

Le FFS militera pacifiquement pour une décentralisation, la participation et le partenariat par opposition à l’état privatisé et centralisé.

Le FFS militera pacifiquement pour la repolitisation de la société par opposition au statu quo politique actuel.

Le FFS militera pacifiquement pour une assemblée constituante souveraine par opposition à l’immobilisme institutionnel et pour mettre fin à la persistance de la crise de légitimité.

Le FFS milite pacifiquement et sans relâche pour la construction d’un état démocratique et social, en opposition à l’état libéral qui constitue une trahison à la proclamation de Novembre et à la plate-forme de la Soummam, pour la reconstruction d’un consensus national et populaire avec le peuple algérien en faveur d’une deuxième république.

Chers camarades, chers amis, chers jeunes

Cette université d’été vous permettra de débattre en toute liberté, en toute démocratie de différentes questions d’actualité, à même de vous permettre de concrétiser nos objectifs politiques.

La lutte pour construire une Algérie libre et démocratique est indissociable du combat de la jeunesse algérienne. Pour cela, vous êtes les arbitres de l’avenir

Vive l’Algérie

Vive le FFS

Gloire à nos martyrs