Plus d’un demi-siècle après l’indépendance du pays, les aspirations des Algériennes et des Algériens pour un état démocratique et social sont constamment contrariées.
Avec des atteintes permanentes aux libertés individuelles et collectives, la cohésion sociale disloquée, le système de gouvernance dépassé, les richesses nationales dilapidées et bradées, l’unité nationale menacée, l’état de droit non consacré, conséquence de la trahison du serment de novembre et de la plateforme de la Soummam.
La majorité des Algériennes et des Algériens se trouvent confrontés à des situations désespérées, souvent dramatiques, qui touchent leurs conditions de vie insupportables, devenant malgré eux des exclus sociaux, ayant engendré le phénomène de la harga,les classes moyennes n’existent plus, leur pouvoir d’achat n’étant pas suffisant pour conserver leur niveau de vie, subissant un déclassement social. Leur intégrité physique menacée et leur dignité bafouée.
. Les positions financières internes et externes du pays sont entièrement dégradées, et sa capacité économique dépendante et non diversifier.
Le FFS a fait le constat de la faillite du régime sur le plan politique, économique, social, culturel et environnemental.
Cette formidable mobilisation pacifique démontre une fois de plus l’avance prise par le peuple par rapport aux tenants du système.
Le mouvement citoyen qui s’est soulevé dans un sursaut de dignité à travers tout le territoire nationale depuis le 22 février est une cristallisation des luttes démocratiques durant des décennies qui sont arrivées à maturité. Ce mouvement exige un changement du système et non un changement dans le système.

Le FFS considère que la poursuite du combat pacifiquement pour instaurer un état de droit démocratique et social selon la Déclaration de 1er Novembre et de la Plateforme de la Soummam est une exigence historique et politique. Aujourd’hui le FFS interpelle et met en garde les responsables à tous les niveaux pour placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toutes considérations.

Le FFS considère que l’urgence est d’engager le pays sur la voie d’une véritable construction démocratique de l’état et de la société.

Le FFS considère que le départ du système et de ses représentants est une condition sine qua non pour créer un climat de confiance dans la société en vue de l’amorce d’un processus politique pour une transition démocratique et l’ouverture d’un véritable dialogue.

I. Le dialogue

Le FFS propose à ce que ce dialogue se fasse à travers une conférence souveraine avec la participation de tous les acteurs politiques et sociaux autonomes, les syndicats autonomes, les personnalités indépendantes, les universitaires et les représentants du mouvement citoyen dans toutes ses composantes autour de:

1. l’arrêt immédiat des harcèlements judiciaires et des menaces contre les militants des partis politiques, du mouvement associatif, des syndicalistes, des militants des droits de l’Homme, des journalistes et autres ;
2. la libération de tous les détenus d’opinion ;
3. l’arrêt immédiat du bradage des richesses nationales.

Les différents acteurs doivent s’engager publiquement et sans ambiguïté autour d’un pacte politique comprenant :

1- La concrétisation des idéaux de Novembre et des résolutions du Congrès de la Soummam, qui définissent la construction démocratique de la Nation Algérienne ;

2- L’instauration de la paix, de la démocratie, de la justice sociale et l’Etat de droit ;

3- L’autodétermination individuelle et collective des algériennes et des algériens ;

4- Le respect des droits de l’Homme tels qu’ils sont énoncés par la déclaration universelle et les conventions internationales ;

5- La non utilisation de la religion à des fins politiques ;

6- Le rejet de la violence comme moyens d’expression ou comme moyen de gestion, de règlement des conflits et d’accession au pouvoir ;

7- Le droit d’association et de constitution de partis politiques ;

8- La séparation des pouvoirs ;

9- L’organisation d’élections libres, honnête et le respect de la volonté populaire.

II. Les institutions de transition

Elles seront chargées de gérer une période de transition qui soit la plus courte possible :

1. La Convention Nationale de Suivi et de Contrôle de la Transition (CNSCT)

C’est l’instance souveraine durant la période de transition, sa composition sera définie par les participants à la conférence souveraine de dialogue.
Elle sera chargée notamment :

a) De veiller à l’application effective des mesures priseuse commun accord et au strict respect des engagements contenus dans le pacte politique ;

b) Agréer les personnalités devant siéger au gouvernement de transition ;

c) Élaborer l’ensemble du dispositif électoral (assainissement du fichier électoral, du découpage électoral, de la loi électorale ainsi que les modalités de surveillance nationale et internationale du processus électoral) ;

d) De fixer le calendrier électoral dans sa globalité avec l’élection d’une assemblée constituante comme première étape ;

e) De mettre en place une instance de suppléance de l’institution présidentielle au terme de la mandature actuelle.

2. L’Instance de suppléance

L’Instance de suppléance est chargée de représenter l’Etat et de légiférer par ordonnance sur les questions d’intérêt national, d’orienter et du surveiller le gouvernement de transition avec l’approbation de CNSCT (convention nationale de suivi et contrôle de la transition)

3. Un gouvernement de transition

Un gouvernement de transition investi par la convention nationale devant laquelle il est responsable, il est chargé de mettre en œuvre les délibérations et les recommandations de celle-ci et expédier les affaires courantes.

L’Assemblée Populaire Nationale et le Conseil de la Nation qui sont les deux béquilles du système seront dissoutes au terme de la mandature présidentielle actuelle. Les institutions de transition auront pour mission essentielle de réunir toutes les conditions nécessaires à l’organisation d’une double consultation électorale: d’abord l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante suivie de l’élection présidentielle.

L’Assemblée Constituante élue avant la fin de l’année 2019 est une condition sine qua non pour restituer au peuple algérien son droit à l’autodétermination.

L’institution militaire détentrice du pouvoir réel dans notre pays, est plus que jamais interpellée à assumer son rôle et ses missions à savoir l’unité du peuple, la sécurité nationale et l’intégrité territoriale ; elle ne peut être que la garante du respect de ce processus de transition.

Comme énoncé dans la résolution du Congrès de la Soummam qui spécifie la primauté du politique sur le militaire, son retrait du champ politique doit être effectif et définitif.

La communauté internationale doit être également présente par le biais d’une représentation officielle du Secrétaire général des Nations Unies.
Elle sera chargée de l’observation de ce processus historique mené par les Algériens et pour les Algériens en Algérie sans aucune ingérence étrangère.

De l’Assemblée Nationale Constituante a la deuxième République

La raison d’être du FFS est de réaliser pacifiquement, les aspirations politiques économiques et sociales du peuple algérien en ayant toujours à cœur la préservation en toutes circonstances de l’unité, de la cohésion nationale et de la souveraineté du peuple.

Le FFS été de tout temps une force de proposition pour une issue pacifique et négociée à la crise.

Pour le FFS, c’est le pouvoir constituant qui définit le pouvoir constitué et non l’inverse, le pouvoir constituant revient au peuple.

L’élection au suffrage universel d’une Assemblée Constituante est l’unique source de légitimité.Il appartient à cette Assemblée Constituante de doter le pays d’une Constitution qui garantisse l’avènement de la deuxième République, pour rompre avec la récurrence des révisions constitutionnelles qui vise à maintenir les rapports de force au sein du système et perpétuer le statu quo politique et l’instabilité des institutions.

La crise morale, politique, économique et sociale trouve leurs sources dans l’absence d’un consensus national dans le pays. Les Algériennes et les Algériens sont conscients que le statut quo politique est intenable, les Algériennes et les Algériens rejettent dans leur majorité les extrémismes et sont attachés à la paix civile et à la cohésion nationale.

Les femmes et les hommes de ce pays sont conscients de la gravité du moment, ils savent que la poursuite des options actuelles est de nature à compromettre l’avenir, ils savent qu’il faut changer le système, ils veulent que ça change.

L’enjeu principal, aujourd’hui pour trouver une issue à la crise nationale et de préserver l’avenir pour toutes les Algériennes et de tous les Algériens est la construction du consensus national et populaire sur les questions fondamentales, qui s’organisera autour d’un pacte politique qui garantira la démocratie politique, la citoyenneté et le progrès.

Concrètement, il s’agit du respect du pluralisme politique, syndical, culturel et de la garantie des libertés fondamentales.

Afin de parvenir à un changement radical du système et ouvrir la voie d’une Deuxième République, tels qu’exprimés par le peuple Algérien lors de sa révolte pacifique en marche, le FFS appelle les acteurs politiques et sociaux autonomes à entamer des contacts et des rencontres en vue de la tenue d’une conférence souveraine de dialogue.