C’est à Gandhi que l’on doit la vulgarisation de ce propos sur  la politique « au jour le jour, qui   est comme un serpent qui s’enroule autour de votre cou et finit par vous étrangler. » D’un éditorialiste d’une publication qui a sévi pendant des décennies de parti unique, on ne peut évidemment pas attendre autant de sagacité. Surtout quand il s’adonne au jeu trop facile de l’inversion qui consiste à accuser les autres, en l’occurrence le FFS qu’il ne nomme pas et dont il tronque la déclaration, de faire dans la pensée unique ! Cela prêterait à sourire si le climat politique du pays n’était pas si gangrené par cette manie du piratage tous azimuts.

Quand on a criminalisé la politique pendant des décennies, se suffisant de vivre sur la rente, économique et symbolique, et en se contentant de copier- qui n’est pas emprunter ni adopter et encore moins mettre en oeuvre- une démarche politique, on ne peut mener le pays que vers des impasses de plus en plus dangereuses.

Qu’il s’agisse de réformer le système, ou de le changer par la reconstruction d’un consensus national, le régime est visiblement à la peine. Pour la simple raison qu’on ne peut tromper tout le monde tout le temps. Arrêter les réformes de 1989 puis les élections de 1991 puis reprendre les réformes et les élections-vidées de leurs mécanismes de contrôle démocratique- et enfin la Réconciliation, elle aussi vidée de son contenu politique, donner au tout le nom de Programme du Président en s’appuyant sur le label « moins mauvais des candidats » octroyé par quelques décideurs dans l’ombre, ne constitue aucunement une politique : C’est une fuite en avant qui a coûté très cher au pays-en hommes, en milliards, en cohésion et en prestige. Croire, aujourd’hui, que donner le nom de consensus à une mesure antipopulaire suffira à la faire passer, c’est vraiment n’avoir rien compris.

Comme le disait Hocine Aït Ahmed « Seul un compromis historique pour la paix et la réconciliation nationale mettra fin au processus de destruction de notre pays et permettra de réaliser le consensus politique et social le plus large, avec toutes les forces politiques qui condamnent la violence, autour d’une issue politique, pacifique et globale à la crise. »

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