« Je meurs pour avoir vu mourir l’Algérie au lendemain même de sa naissance et pour avoir vu bâillonner l’un des peuples de la Terre qui a payé le plus lourd tribut pour affirmer son droit à l’existence. » (extrait d’une lettre d’Ali)

Trente longues années se sont écoulées depuis l’assassinat d’Ali le 7 avril 1987. De l’expulsion, en urgence absolue, en Algérie, de l’assassin Amellou, rendu à ses employeurs par un ministre français, à l’ordonnance de non lieu confirmée par la Cour de cassation en novembre 2016, la Raison d’Etat n’a cessé d’imposer sa loi et l’Etat français a empêché la justice de s’accomplir.

En Algérie, l’assassin ayant, quant à lui, suivi le cours de sa vie pendant que nous nous battions pour la vérité et la justice présente aujourd’hui, en pleine lumière, sa candidature à des élections locales. Belle carrière pour un tueur. Mais quel déshonneur pour la France et pour l’Algérie.

Malgré notre sidération devant une telle réhabilitation, nous ne devons pas être accablés. Nous devons sans cesse revenir aux valeurs fondamentales qui étaient celles de Hocine AÏT-AHMED et d’Ali MECILI, deux hommes qui représentaient ce qu’il y a de plus noble dans la politique et un véritable espoir pour nous tous. Où que nous soyons, en France ou en Algérie, nous leur devons de ne jamais trahir le sens et la finalité de leur combat.

Annie MECILI