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Message de Hocine Aït-Ahmed à la Rencontre nationale des Jeunes, El Achour (Alger), les 13-14 avril 2000

Ssalam âalaykum wa rahmatu Llahi wa barakatuh’

Azul fllawn a tallmzyt n ukabar nngh

Mes chers amis,

Ces quelques mots s’adressent aussi, bien entendu à tous nos jeunes militants et militantes, qui viennent de réussir leurs rencontres régionales, ainsi qu’à l’ensemble des jeunes qui déjà, constituent l’ossature  et la base militante du parti.

Je tiens à rendre un grand hommage à toutes vos activités menées à l’echelle nationale qui illustrent une participation importante et cohérente à la préparation des troisièmes assises du FFS. Je souhaite que vous y jouerez un rôle qui aidera  le FFS à rénover et à rassembler les forces démocratiques de notre pays. Ce changement qualitatif qui doit donner au parti les idées et les moyens d’émerger  comme centre de gravité d’une alternative de gouvernement, requiert deux conditions : Une condition  ESSENTIELLE : PRESERVER L’UNITE DU FFS. Il ne s’agit pas là d’un principe mythique ou d’une considération  purement sentimentale et nostalgique dont le résultat est, inévitablement de réintégrer les germes de discorde future … voire de tendre la main à des manipulations qui restent toujours à l’affût.

Notre ambition de renouveau ne nous permettant pas de charrier ensemble, dans un fraternalisme de surface, les contradictions idéologiques et politiques les plus aberrantes. La garantie de l’unité réside dans le respect des valeurs démocratiques, et leur concrétisation continuelle dans le fonctionnement de nos structures internes. C’est la dynamique d’un débat d’idées en permanence qui assure une cohésion effective et dissuasive. J’espère que notre prochain congrès saura tirer le meilleur des divers travaux de la CPCN, et des initiatives parallèles, dont les recommandations faites par l’AUDIT NATIONALE ET TRANSPARENTE, pour réaménager les structures et les articulations organisationnelles, et clarifier les axes politiques et idéologiques capables de garantir résolument cette perspective qui est l’UNITE DYNAMIQUE à l’intérieur et DYNAMISANTE dans la société.

La deuxième condition me semble nécessaire mais accessoire : c’est le respect et la considération mutuels  entre les générations, entre militants et militantes jeunes ou moins jeunes, entre « élites » anciennes et nouvelles. En fait, on ne peut parler de conflit de génération au sein du plus vieux parti d’opposition démocratique, car, malgré son parcours  long et chaotique – dû à l’histoire non moins longue mais plus continue des persécutions du pouvoir – le parti n’a pas cessé de connaître des renouvellements et des mutations. Du double point de vue de ses effectifs et de son encadrement. Mais, il faut voir les choses en face : ce problème de génération surgit quand même, de temps en temps, au niveau individuel, je dirais relationnel à la faveur des conflits ou des compétitions de pouvoir. Aux élans paternalistes des « historiques », répondent parfois les prétentions démesurées des « bleus ». En vérité, et au risque de tomber dans la caricature, il faudrait s’en prendre plutôt à l’incapacité psychologique ou au manque d’humilité politique, des Algériens en général, à faire leur autocritique, et à renvoyer allègrement sur d’autres, une faute ou une vision égo-politique du FFS.

De toute évidence, le conflit de générations est ailleurs :  C’est le gouffre existant entre ces millions d’Algériens et Algériennes,  frappés par le chômage, la pauvreté, la sous-éducation, l’exclusion. Les 70% des laissés  pour compte étant des jeunes. Et la fine fleur de la Nomenclatura qui nage dans l’opulence et la morgue outrancière. La déchirure la plus visible entre l’état et la nation, est l’étouffante laideur du règne du non Droit, de l’argent et de l’opportunisme, au profit d’une infime minorité et au détriment de l’écrasante majorité, elle-même majoritairement composée de jeunes.

De même qu’il ne saurait y avoir de conflits de générations entre les familles et leurs progénitures qui souffrent de la même misère et du même désespoir, il ne saurait y avoir de problèmes de générations majeurs, entre les adultes et leurs enfants qui luttent pour le changement au sein du FFS. Un vrai changement ; pas celui vers lequel les oppresseurs s’évertuent toujours à convaincre les opprimés, à savoir « tbdil ssradj, raha », nous leur répliquons toujours : « tbdil ssradj, kafa ! ».  Pour nous, chers frères, chères sœurs, il faut créer le contexte d’un changement crédible, par mille réflexions, mille symboles, petites mesures ou grandes initiatives, qui elles même sont génératrices de nouveaux changements, jusqu’au stade ou le changement démocratique ne se décrète plus ou si peu, mais vit et se vit comme la dynamique historique d’une Algérie, belle et heureuse.

Fraternellement.

Hocine Aït Ahmed