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Les mots sont importants : Le « consensus national» n’est pas un consensus des clans !

PAR RAOUF HAMDINE

«Dialogue », « consensus sur les grandes questions nationales », «souveraineté », « menaces externes »…. Abdelmadjid Tebboune a fait la «totale » durant son intervention, mercredi au Conseil de la Nation. Cet appel au dialogue très vague est assorti d’emblée par une limite : le gouvernement n’entrera pas dans des «débats stériles ».

Il existe bien des «débats stériles » que les médias et les réseaux sociaux alimentent et ils sont aisément identifiables. Seuls ceux aveuglés par le profit que leur procure cette situation nient que la question du changement de régime relève depuis des années d’un impératif de survie nationale.

C’est une question politique grave et elle n’a rien de «stérile ». Ce qui est stérile est le déni de la part de ceux qui détiennent les leviers du pouvoir que la permanence d’un système où la prébende doublée de l’incompétence règnent en maître constitue une réelle menace pour le pays et la Nation.

Les mots sont importants. Les risques externes et les manœuvres des puissances existent – elles sont de l’ordre des choses et peuvent être grandes ou moins grandes selon les contextes – mais ce qui les rend redoutables c’est bien la dérive d’un régime qui ne fonctionne plus que par les logiques clientélistes et par la répression.

Les mots sont importants. Quand on parle de «consensus » – c’est le cas pour le FFS – ce n’est pas pour cogérer les crises provoquées par le régime mais pour résoudre les problèmes graves du pays. Or, le constat est établi depuis longtemps que le régime fabrique la crise, détruit les valeurs matérielles (par la corruption, la gabegie et un niveau abyssal d’incompétence) et aussi les valeurs morales.

Les mots sont importants. Quand le régime abuse de la logorrhée nationaliste pour mener des politiques qui n’ont rien à avoir avec les valeurs du patriotisme algérien, il ne fait que continuer à dilapider le capital moral et politique des combats du mouvement national algérien.

Le patriotisme aujourd’hui, c’est la démocratie, disait le fondateur du FFS, Hocine Aït Ahmed. C’était une conviction et aussi une volonté de décontaminer les mots pervertis par les tenants du régime.

Quand le FFS parle de « reconstruction du consensus national », ce n’est pas pour maintenir un système qui a provoqué une faillite généralisée, une guerre civile, l’exil dramatique des compétences national. Quand on parle de consensus, c’est pour changer de régime de manière pacifique et ordonnée avant que les choses ne s’aggravent.

Quand on parle de consensus, c’est pour remettre le pays entre les mains de ses citoyens car tout indique que la prochaine exacerbation de la crise sera encore plus redoutable que celle des années 90.

Il y a bien urgence nationale absolue à aller vers un consensus national qui ouvre de nouveaux horizons aux Algériens dans le cadre d’un Etat de droit.  Le problème est qu’une fois de plus le régime fait un usage purement manœuvrier des mots pour que rien ne change.

 

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