Parution du journal Liberté chez El Watan : la solidarité des patrons contre les droits des travailleurs

Par Raouf Hamdine

Le journal Liberté est paru hier et c’est une très mauvaise nouvelle pour les travailleurs et les libertés syndicales. Ce que la section syndicale du journal Liberté, victime d’un licenciement abusif, appelle le « LibWatan » est un précédent grave.

 

Le communiqué n°3 du syndicat n’a pas tort de souligner que ce «Libwatan » n’est pas qu’une simple manifestation d’une solidarité entre patrons de presse.   Pour les travailleurs de Liberté, c’est une attaque frontale à leur droit élémentaire de se défendre contre les ukases de la direction du journal qui a violé la loi en licenciant les membres de la section syndicale.

 

Mais c’est également un message menaçant adressé aux travailleurs du journal El Watan qui sont ainsi avertis que la solidarité des patrons fonctionnera contre les libertés syndicales qui, cela est nécessaire de le rappeler s’agissant de patrons qui se sont toujours drapés du statut de journalistes, font partie des libertés publiques.

 

Ce Lib-Watan du 18 avril 2018 «confectionné dans les locaux d’El Watan » comme le souligne le communiqué n°3 de la section syndicale de Liberté va entrer dans les annales comme le modus-operandi des patrons du secteur de la presse pour briser les grèves.

 

Le fait qu’El Watan soit un concurrent de Liberté, ainsi que le souligne la section syndicale, est secondaire par rapport à la collusion des patrons qui entendent mettre aux pas ceux qui se battent pour leurs droits et dissuader ceux qui songeraient à l’avenir de le faire.

 

Ces patrons de presse qui sont dans une «posture » de «démocrates », de «progressistes » et des «défenseurs des libertés » se révèlent dans leurs cruelles vérités : la solidarité des patrons prime sur tout.

 

Leur message à travers ce Lib-Watan est clair et net. Il faut souligner que la loi dans cette affaire de Liberté est du côté des travailleurs qui soutiennent les membres de la section syndicale victimes d’un licenciement brutal et qui refusent de se soumettre au message violent des patrons.

 

L’Inspection du travail, indique le communiqué du syndicat, a adressé un courrier à la direction du journal Liberté lui demandant de réintégrer les travailleurs victimes d’un licenciement abusif. Il faut que la loi s’applique. La loi de la république pas celle des patrons qui entendent faire ce qu’ils veulent et ne se sentent pas tenues par les règles.

 

Cette affaire de Liberté qui se développe en une affaire Lib-Watan, véritable manifeste de la presse «jaune» (et d’un « syndicalisme jaune ») mérite toute l’attention des militants des libertés et des droits sociaux.

 

Les militants du FFS, attentifs aux combats sociaux menés par les travailleuses et les travailleurs, ne peuvent qu’être solidaires des travailleurs de Liberté. Mais également de ceux d’El Watan qui, ainsi que le note la section syndicale de liberté, reçoivent à travers ce Lib-Watan, un message de «dissuasion » et de « menace ».

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