Alger, le 29 juin 2018
Le Conseil National Ordinaire réuni le 29 juin 2018 préoccupé par la déliquescence des institutions, l’immobilisme politique et l’évolution dangereuse de la situation sociale a démarré ses travaux par une analyse approfondie de l’état des lieux et des voies et moyens de mobiliser les citoyens et les forces de changement pour préserver l’unité et la stabilité du pays et construire un Etat de droit démocratique et social.
Sur le plan politique
Au niveau national, le Conseil National met en garde contre le statuquo politique qui perdure et la volonté du régime actuel de se pérenniser au-delà de la prochaine élection présidentielle en visant à neutraliser toute organisation qui lutte pour le changement et à casser les forces sociales autonomes pouvant le déstabiliser.
Au niveau international, le Conseil National déplore que l’Algérie n’existe que pour ses ressources pétrolières et gazières et sa contribution à la lutte contre l’émigration illégale et le terrorisme. Son rôle politique pour la résolution des conflits régionaux à ses frontières, en Libye comme au Mali, est marginalisé par la présence d’autres acteurs présents militairement sur le terrain, et un Maghreb inexistant. Quant aux conflits dans le monde arabe, Palestine, Syrie, Yemen, leur solution repose sur les pays frontaliers et leurs alliés. L’Algérie n’étant partie prenante qu’à travers la Ligue arabe et l’OCI. Sur le continent africain, la concurrence est rude. Les priorités économiques de ces pays, satisfaites notamment par la Chine, les ont éloignés de notre pays qui n’a rien à offrir dans ce domaine.
Sur le plan social
Le Conseil National considère que la situation sociale est le résultat néfaste d’une stratégie d’Etat libéral inspirée par les officines étrangères. Les politiques antisociales qu’elle préconise consistent à démanteler l’Etat social en tant que prestataire de services publics, à déposséder l’Etat actionnaire en tant que propriétaire d’entreprises publiques, à abolir l’Etat stratège en tant que planificateur des grandes évolutions du pays, et à défaire l’Etat arbitre en tant que contrôleur des abus du secteur privé. L’avenir qui se profile sera caractérisé par moins de service public, moins de protection sociale, moins d’intervention de l’Etat dans l’économie, et moins d’encadrement du secteur privé, un gouvernement de la cité au bénéfice d’une minorité au détriment de la majorité des citoyens. En résumé, il s’agit là d’un programme antisocial rétrograde et oligarchiste.
Pour hâter la fin de ce régime autoritaire et libéral et changer le système de gouvernance anti social, incapable d’assurer l’unité, la stabilité, l’indépendance économique et le progrès social, le Conseil National appelle ses instances dirigeantes :
– A renforcer les mouvements sociaux, en les accompagnant dans leur combat au quotidien au niveau national et local.
– A contribuer à l’organisation de convergences des forces vives de la nation pour la défense de l’Etat social
– A mobiliser et devenir le porte-voix de la population pour arracher ses droits politiques, économiques, sociaux, environnementaux et culturels
– A poursuivre avec détermination le projet de reconstruction d’un consensus national pour l’instauration d’un Etat de droit, démocratique et social.
Le Conseil National a pris connaissance du compte rendu d’étape du processus de reconstruction d’un consensus national engagé depuis 2014. Ce projet est la résolution politique de notre cinquième congrès national.
Le processus qui a démarré en 2014, se poursuivra, en donnant la priorité à la mobilisation citoyenne pour réaliser un consensus populaire, jusqu’à la réalisation des objectifs fixés sur le plan politique, économique, social, culturel et environnemental, dans la perspective d’un changement de système et l’avènement d’une deuxième république.
En conclusion,
Le FFS exige l’ouverture du champ politique et médiatique
Le FFS réaffirme l’urgence de l’ouverture d’un dialogue social avec toutes les forces sociales autonomes
Le FFS appelle les Algériennes et les Algériens à poursuivre leur combat pacifique et non violent pour l’instauration d’un état de droit et de la démocratie, de la consécration du principe d’égalité et de justice sociale.
Le FFS appelle les Algériennes et les Algériens à la vigilance, la responsabilité et la mobilisation pour préserver l’unité de la nation, l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale pour déjouer les manœuvres d’où qu’elles viennent.
Le FFS met en garde contre toute action de diversion ou toute dérive mettant en péril l’avenir et le devenir du peuple algérien.