Le Conseil national du Front des Forces Socialistes réuni en session ordinaire les 25 et 26 septembre 2020 a examiné d’une façon approfondie les questions liées à l’actualité nationale et internationale ainsi qu’à l’organisation interne du parti.

Au plan politique, le Conseil national du FFS considère que la démarche actuelle du pouvoir ne répond pas aux aspirations légitimes de millions d’Algériennes et d’Algériens, qui depuis plus d’une année expriment pacifiquement et avec détermination leur désir de se réapproprier leur droit à disposer librement et démocratiquement de leur avenir.

L’absence d’une réelle volonté politique à opérer les changements nécessaires à l’émergence d’une alternative démocratique dans le pays se manifeste à travers une démarche et un agenda politique unilatéral que le pouvoir veut imposer à la société.

Le projet de la révision constitutionnelle, qui s’inscrit dans cette logique, a pour finalité de sécuriser le pouvoir et d’assurer le renouvellement et la pérennité du système plutôt que de sanctuariser et sécuriser la Nation en la dotant d’un socle constitutionnel incontesté et incontestable.

Cette démarche est appuyée par des institutions aux ordres, des médias comme outil de propagande, une administration centrale et locale renouvelée pour la circonstance, un appareil judiciaire et policier pour briser toute opposition ainsi que des groupuscules politiques et une pseudo société civile préfabriquées pour servir d’outils de propagande ou de relais de soutien.

Le Conseil national du FFS estime que l’élaboration de la loi fondamentale est un acte éminemment politique qui doit être l’émanation de la volonté populaire dans le cadre d’un processus politique constituant en mesure de susciter l’adhésion et la participation de toutes les forces vives de la nation.

Réduire la constitution à une compilation de règles juridiques c’est faire rater au peuple Algériens, encore une fois, l’opportunité d’instaurer un véritable changement et l’édification d’un Etat de droit.

Le Conseil national réitère son attachement à un processus constituant qui aboutirait à la revendication historique du FFS pour l’élection d’une Assemblée nationale constituante comme préalable au règlement de la crise de légitimité et sortir définitivement des incohérences politiques et juridiques et rendre irréversible la démocratie.

Le peuple algérien ne se sent concerné ni de près ni de loin par ce référendum. Aujourd’hui la position forte et déterminée de notre parti est de demeurer au plus prés de nos citoyens.

Le FFS ne cautionnera pas le scrutin du 1er novembre qui constitue une énième violence constitutionnelle et un coup de force de trop contre la volonté populaire.

Le conseil national met en garde le pouvoir contre les conséquences de cette démarche unilatérale qui ne fera qu’aggraver la crise, élargir le fossé qui le sépare du peuple et de provoquer des fractures mettant en danger la cohésion nationale.

Sur un autre registre, le Conseil national du FFS s’élève avec force contre les entraves à l’exercice politique et le droit de réunion et d’organisation, des acquis arrachés grâces à de hautes luttes que nul ne peut remettre en cause aujourd’hui.

Le Conseil national du FFS dénonce le recours à la répression et exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques et d’opinion.

Le FFS demeure inflexible, comme il l’a été depuis sa proclamation, lorsqu’il s’agit de défendre, en toute circonstance la liberté, la justice et les principes démocratiques.

Le Conseil national du FFS estime que l’ampleur de la crise, et les multiples défis que doit relever en urgence notre pays, nécessite l’ouverture d’un dialogue inclusif et sincère, avec l’ensemble des forces vives de la nation et la reconstruction d’un consensus national fondamental et fondateur en mesure d’assurer l’avènement de la Deuxième République et le passage d’un système autoritaire fermé à un système démocratique ouvert garant des libertés individuelles et collectives et du respect des droits de l’homme.

Ignorer ce processus c’est refuser au peuple algérien et sa révolution pacifique le libre exercice de son droit à l’autodétermination. C’est aller à contre courant de l’histoire universelle d’émancipation des peuples.

Le Conseil national du FFS, considère qu’il est encore possible d’épargner à notre pays et au peuple algérien d’autres échecs et d’autres désillusions.

La construction du changement et de l’alternative démocratique est avant tous un processus politique qui ne pourra aboutir que par la restauration de la confiance entre le peuple et ses institutions et la réhabilitation du politique.

Il est temps de donner au hirak les prolongements politiques, économiques et socioculturel indispensables à la construction d’une Algérie Libre, Démocratique et Emancipée. Il est encore temps de redonner toutes ses chances à la politique.

Attaché plus que jamais à la triptyque : devoir de vérité, devoir de lucidité et devoir de pédagogie, le FFS met en garde les Algériennes et les Algériens contre les tentatives d’instrumentalisation des basses confrontations idéologiques, claniques ou régionalistes visant raviver les clivages, diviser le peuples et mener le pays dans des logiques d’affrontement.

Se laisser entrainer dans ces logiques, c’est travailler l’agenda des ennemis de l’Etat national et des partisans de la contre révolution.

Le conseil national, appelle les Algériennes et les Algériens à poursuivre par des voies pacifiques et politiques la lutte pour exiger un véritable changement tout en demeurant vigilants face à ceux qui veulent semer le chaos et porter atteinte à l’intégrité nationale et à la cohésion sociale.

Au plan économique et social, le conseil national exprime sa grande préoccupation devant la dégradation des conditions de vie de la population et l’extrême vulnérabilité de notre économie, impacté profondément par les répercussions de la récession générée par la pandémie du covid19. Aujourd’hui, tous les indicateurs sont au rouge : déficit budgétaire important, dette publique importante, dévaluation continue de la monnaie nationale, tissu industriel et entreprises en difficulté, chômage galopant, précarité sociale qui gagne du terrain…etc.

Face à cela, le plan de relance socioéconomique, élaboré sans consensus et sans débat large et approfondie, n’apporte aucune solution à même de régler structurellement cette crise et apporter les solutions nécessaires pour faire face à cette situation.

Le conseil national du FFS considère que sans la reconstruction d’un consensus politique, aucune relance économique n’est possible. C’est seulement dans ce cadre que le pays pourra envisager la mise en place d’un modèle économique productif, équitable, durable et résiliant en mesure de s’affranchir définitivement de sa dépendance chronique des hydrocarbures et des effets ravageurs de l’Etat rentier.

Sur le plan régional et international, le FFS exprime sa vive préoccupation quant aux retombées directes ou indirectes des bouleversements politiques et sécuritaires qui surviennent et s’accélèrent ces derniers temps dans notre voisinage direct ou plus loin au Moyen Orient.

 Conscient de la gravité de cette situation, notre parti accorde un intérêt particulier à l’évolution de la situation au Sahel et chez notre voisin libyen. Les enjeux économiques et géostratégiques sont d’ailleurs si importants que plusieurs pays s’ingèrent délibérément dans les affaires intérieures des peuples concernés, notamment en Libye en violation du droit international, de la Charte et des résolutions des Nations Unies

Au Moyen Orient, le FFS réaffirme son indéfectible soutien au combat du peuple Palestinien pour son autodétermination et pour la reconquête de ses territoires et de sa liberté.

 Le FFS rappelle une fois de plus, que le  véritable rempart contre les velléités impérialistes et néocolonialistes se construit sur les bases d’un État fort et démocratique soutenu par l’adhésion et la solidarité populaires. 

 La construction du grand Maghreb Démocratique des peuples ne fera que protéger la souveraineté de nos peuples et contribuera à l’essor socio-économique et culturel d’une région unie par l’Histoire, menacée par les mêmes périls et concernée par le même destin.

S’agissant de l’organisation interne du parti, le Conseil national salue et encourage la nouvelle direction du parti de poursuivre ses efforts visant la réunification et le rassemblement de la famille FFS en transcendant les causes de la crise et en mettant l’intérêt du pays et du parti au-dessus de toutes considérations.

Le Conseil national, appelle toutes les militantes et tous les militants du parti à faire de la célébration du 57ème anniversaire de la proclamation du FFS une date de communion de retrouvailles et de réconciliation entre l’ensemble des militants du FFS.

Vive l’Algérie libre et démocratique

Vive le FFS

Gloire à nos Martyrs