Salima Ghezali à Saïda : « Le pouvoir peut partir, le pays restera ! Cessez de prendre l’État en otage ! »

Par Raouf Hamdine

 

Scène chargée de symbole ce samedi 29 avril au théâtre régional Sirat Boumediene (TRS) qui accueillait, salle comble, une délégation du FFS venue d’Alger dont la tête de liste à Alger, Salima Ghezali.

Les militants locaux qui avaient préparé la rencontre ont eu la surprise de voir la scène changée par l’administration du TRS qui a ajouté, à côté de l’emblème national, un portrait du chef de l’Etat.

La rencontre a ainsi commencée dans la gêne devant une figure imposée. Ce fut Salima Ghezali qui dans un mouvement de grand symbolisme politique a déminé la situation.

Prenant la parole, Salima Ghezali a soulevé l’emblème national en déclarant : « Pour lui nous sommes prêts à nous battre et mourir aujourd’hui et demain. Parce que ce drapeau a été conquis de haute lutte par les enfants du peuple. Un peuple qui a trouvé en lui la force de survivre et de résister à une tentative génocidaire qui a emporté lors de la conquête coloniale près de 8 millions d’algériens, ce peuple a conquis de haute lutte ce drapeau que nul n’a le droit de s’approprier ! Non le pouvoir n’est pas l’Etat. « 

Puis d’un geste naturel, elle a déplacé le portrait présidentiel en martelant : « Mais pour celui-ci NON ! Nous n’allons pas nous entretuer. Et vous n’allez pas nous dire que le Pouvoir et l’État c’est la même chose ! ».

« Le pouvoir peut partir mais le pays restera ! Alors cessez de prendre l’Etat en otage ! Cessez de faire croire que l’Etat et ce pouvoir en faillite économique sociale politique et culturelle, c’est l’Etat « a-t-elle ajouté.

Le drapeau supplante le pouvoir, une libération

La salle, comme soudainement libérée par ce drapeau supplantant le pouvoir a explosé en youyous et en applaudissements.

« L’Etat est préservé par la souveraineté populaire et vous, le pouvoir en place, avez tout fait pour écarter la souveraineté populaire et vous accaparez de l’Etat ! Cessez de dire que vous êtes l’Etat ! Vous colonisez l’Etat et en privatisez les institutions et les richesses ! » a ajouté Salima Ghezali.

En écho aux propos de Salima Ghezali, des femmes se sont levées pour dire leur colère, leurs peines pour leurs enfants privés de tout. Pour dire leur désespoir devant la corruption et la hogra !

Salima Ghezali a poursuivi devant une salle émue : « Pour le drapeau nous proposons le consensus national et populaire. Pour le pouvoir nous proposons un changement radical ! »

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